Son auteur s’appelle Andrew Keen, c’est un entrepreneur du web basé en Californie, ce qui ne l’empêche pas d’être très critique au point d’être surnommé l’Antéchrist de la Silicon Valley. En 2007, il a publié "le Culte de l’Amateur". Il y dénonçait la tendance à considérer que grâce à internet, tout le monde peut être cinéaste, écrivain ou musicien. Un danger pour notre culture selon lui, ce qui lui a valu d’être taxé d’élitiste réactionnaire par certains évangélistes du net.
Son dernier livre s’intitule : "Le vertige numérique, comment les réseaux sociaux nous divisent, nous diminuent et nous désorientent". Dans une interview à CNN il affirme que Facebook nous a fait basculer dans un monde où nous devons séduire toujours plus. Ce flot continu de mises à jour de nos statuts, cette course aux amis, cette fébrilité face à leurs réactions, tout cela nous précipite dans le narcissisme numérique du 21e siècle. Une spirale sans issue : "Plus nous nous exposons, plus nous devenons vides, et plus nous devenons vides, plus nous ressentons le besoin de nous exposer".
Le réquisitoire est sans appel !
Ce n’est que le début. Andrew Keen s’en prend aussi aux parents qui n’arrêtent pas de poster des photos de leurs enfants sur Facebook. Ils détruisent ainsi chez eux la notion même de vie privée. D’après une étude de l’Université du Michigan basée sur 4000 interviews d’enfants, la normalité pour eux aujourd’hui, c’est de tout révéler sur internet. Notre identité est déterminée dorénavant par ce que les autres pensent de nous. Comme la pornographie ou le jeu, les réseaux peuvent devenir des addictions qui désensibilisent à la réalité. La vraie bulle Facebook n’est pas financière, c’est la bulle de ces relations frelatées qui finira un jour par nous exploser à la face.
Et il propose des pistes pour éviter cette catastrophe ?
Oui. D’abord de ne jamais oublier qu’une dose de mystère contribue à nous rendre intéressants. Mais il plaide aussi par exemple pour l’instauration d’un "droit à l’oubli". Il rend d’ailleurs hommage à l’Union Européenne qui veut le créer. Et il propose de faire en sorte que la technologie elle-même prévoie la destruction de nos données personnelles en ligne après un certain temps. Il soutient aussi les réseaux sociaux alternatifs comme EveryMe et les moteurs de recherche comme DuckDuckGo, qui respectent la vie privée des utilisateurs.
Andrew Keen espère que ceux qu’il appelle les Résistants seront de plus en plus nombreux à dire Zuck Up à Facebook, à l’envoyer se faire voir.




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de Jean-Pascal Comme c'est drôle de voir un journaliste relayer un gourou qui confond le miroir avec ce qu'on voit dedans... Car Facebook n'est qu'un miroir de notre positionnement social; ce qu'on y dit, ou non, dit quelque chose de nous. Mais je peux concevoir qu'un journaliste puisse dire l'inverse et son contraire, casser du Facebook il y a 3 ans, s'interdire d'en parler sur antenne, puis finalement faire la promo de sa page sur le réseau pour son média ou son émission. Je peux d'autant plus le concevoir que le média lui-même est un lieu d'exposition pour ce journaliste, et que soudain chacun puisse avoir son petit média grâce à sa page, sa petite audience grâce à ses "amis", que cette démocratisation du moyen d'expression public dilue le monopole du journaliste lui soit désagréable, je le comprends... Voir que le billet justifiant son salaire de journaliste soit noyé dans la profusion de billets soudain déversés sur la toile pour pas un balle, ça doit faire mal aussi...
02-06-2012 22:47 |
de pierre Il y a peine un an d’ici, le simple fait d’évoquer le nom du « créateur » de facebook dans les commentaires d’article vous valait une non publication. Aujourd’hui on vous encourage carrément au Zuck Up à Facebook, à ne rien y comprendre… Moi personnellement çà fait longtemps que je l’ai fait, et j’encourage tout le monde à le faire …
01-06-2012 09:37 |