C'est terrible de voir quasiment 27 capitales frappées du même mal. Et je peux vous donner quelques exemples.
Ainsi l'Allemagne veut davantage de décisions discutées au niveau européen. Mais elle est la première, avec la France à demander qu'un pays puisse décider tout seul de refermer ses frontières lorsqu'il y a une trop grande poussée migratoire aux portes de l'Union. Sous-entendu, que les pays de première ligne se débrouillent tout seuls avec les migrants qui arrivent. Et les eurodéputés ne seront pas associés à ces décisions parce que, bon, on peut défendre une démocratie européenne renforcée mais faut pas pousser non plus.
Autre exemple, il faut développer le marché intérieur pour faciliter les relations économiques entre Etats membres et relancer la croissance, ça claque bien, ça donne un p'tit côté moderne, tourné vers l'avenir, et tout le monde est d'accord avec ça, mais le feuilleton du brevet communautaire est juste un scandale. Figurez vous qu'on l'attend depuis 30 ans, qu'il permettra aux entreprises de diviser par 5 ou 6 le prix d'un dépôt de brevet, qu'il a fallu se passer de l'Italie et de l'Espagne pour y arriver mais le brevet n'est toujours pas réalité.
Pourquoi? parce que 3 pays, France, Allemagne, Grande-Bretagne, veulent obtenir le siège du tribunal qui examinera les différends liés à ces brevets, tout bloquer pour une question de localisation. On pourrait presqu'en rire.
Bataille budgétaire
Ils disent vouloir davantage d'Europe mais les mêmes sont prêts à réduire le budget de l'Union parce que, disent ils, ils n'ont plus d'argent à donner à l'Union. Mais l'Europe pourrait trouver de l'argent ailleurs, dans une taxe sur les transactions financières ou dans une minuscule taxe sur les communications téléphoniques dont les montants iraient directement dans le budget européen et allègeraient le fardeau des Etats membres. "Mais vous rêvez?" répondent les Etats?
Il faut des économies mais pas dans la politique agricole commune dit la France, la Grande-Bretagne qui ne paye pas ce qu'elle devrait ne veut faire aucun effort, alors une fois de plus on regardera si on ne peut pas rogner sur l'aide aux régions en difficulté. Et l'argument est tout prêt, la Grèce a reçu des milliards et regardez où elle en est. Mais ces fonds aident toute l'Union en fait. Les régions en retard de développement ET les pays bien développés; pas la peine d'insister sur toutes les entreprises de travaux publics qui sont allés rafler des contrats dans ces pays qui recevaient la manne européenne, pas la peine d'insister sur le nombre de banques de la vieille Europe dans les pays de l'Est, pas la peine d'insister sur les exportations allemandes par exemple dans des pays tout récemment entrés dans l'union ou en Grèce. Mais non, les Européens continuent à nous prendre pour des truffes "oui oui oui on aime l'Union" mais "non non non on est pas prêts à le prouver"
Anne Blanpain




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