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Coquetteries

CHRONIQUES | vendredi 3 février 2012 à 13h42

  • Les dernières prestations dominicales de deux prétendants principaux -en tout cas, jusqu'ici- à la présidence de la République française confirment que ce n'est pas vraiment à une guerre en dentelles que se livrent Nicolas Sarkozy et François Hollande !
    En attendant une possible confrontation directe entre les deux « champions », ce sont les interviews, les discours, les commentaires divers, proférés par eux-mêmes ou par leurs « fidèles », qui le démontrent chaque jour, en nous faisant juges, soit de l'arrogance, de l'amateurisme, de la nullité de l'un ; soit de l'incapacité, des approximations, des mensonges de l'autre…Autrement dit sans trop de fioritures, c'est le temps des horions !

    Pas de « dentelles », donc, mais, curieusement peut-être compte tenu de l'atmosphère, on peut, dans le même temps, observer, chez l'un comme chez l'autre, certains éléments de tactique qui s'expriment comme autant de « coquetteries »...

    Voyez, par exemple, comment François Hollande s'ingénie à ne jamais citer le nom de Sarkozy -on dit seulement « le président sortant »-, comme si le simple fait de prononcer les trois syllabes du nom devait irrésistiblement plomber sa campagne ! En somme, la périphrase plutôt que la citation directe…. Il y a là des subtilités de stratégie communicante dont on ne perçoit pas nécessairement la pertinence ou, en tout cas, l'efficacité attendue.

    Bien entendu, de son côté, Nicolas Sarkozy n'est pas en reste… Ah ! cette manière d'affirmer -cette irritation même qu'on puisse douter- qu'à 80 jours de l'élection, il ne s'exprime qu'en tant que président, car il n'a vraiment pas le temps, n'est-ce pas, de penser à autre chose que de gouverner, de conduire -avec le Premier ministre, il le répète à plusieurs reprises- la politique que requièrent les temps difficiles que vivent la France, l'Europe et le monde.

    Le moment venu, il l'admet tout de même, il ne se dérobera pas, il a un rendez-vous avec les Français, et ce moment est évidemment proche… Le langage est maitrisé et le talent de communicateur du président, indéniable : les mots avouent donc sans le dire… Résultat : personne ne doute un seul instant que Nicolas Sarkozy est bien candidat et, donc, l'adversaire numéro 1 de François Hollande ! CQFD !

    Alors, finalement, comment ne pas constater, pour d'ailleurs en soupirer, que dans le déploiement de tous ces petits trucs de langage, il y a quelque chose d'infiniment dérisoire. A quoi, en effet, peut-il bien servir, ici, d'inventer un suspense qui n'existe pas, et là, d'oublier systématiquement un nom, pour, en quelque sorte, le faire exister moins ?

    Coquetterie, sans doute, on le répète, -et maladroite de surcroit, puisque tellement « visible »-, de deux hommes, infiniment « politiques », engagés l'un et l'autre dans la poursuite du même enjeu majeur et il y aura, on le sait bien, un vainqueur mais aussi un vaincu…Un combat âpre, donc, qui ne leur permet en tout cas pas d'être, l'un avec l'autre, « en coquetterie »… C'est le moins qu'on puisse dire !

    Pierre Delrock

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