Ce Facebook des terroristes vient d’être lancé avec le soutien de l’ISD, l’Institut pour le dialogue stratégique, la Gen Next Foundation, une organisation qui veut anticiper les défis des générations futures et Google Ideas, le Think tank, la boite à idée de Google pour valoriser le rôle de la technologie dans la résolution des problèmes de notre époque. Le nom de ce réseau social un peu particulier : AVE, Against Violent Extremism, Contre l’Extrémisme Violent. L’information est donnée par le magazine en ligne Wired.
AVE se présente comme une plateforme en ligne où des extrémistes repentis et aussi des victimes d’actes terroristes peuvent partager leurs expériences dans le but d’aider tous ceux qui seraient tentés par l’action violente ou qui voudraient s’en écarter.
L’idée a surgi lors du Sommet Contre l’Extrémisme Violent qui s’est tenu à Dublin en 2011. Les discussions avaient mis en lumière l’influence que peuvent exercer les terroristes repentis pour dissuader ceux qui sont encore en activité ou sur le point de s’y engager. Et la nécessité d’offrir une structure d’accueil à ceux qui renoncent à la violence. Un support moral mais aussi pratique pour favoriser leur réinsertion.
On a des exemples de ce genre de réinsertion dans la société.
Oui. Il y a une association suédoise, Exit, qui aide à la réhabilitation d’anciens néo-nazis. Son président explique que ce qui est déterminant pour qu’un extrémiste renonce à la violence, ce n’est pas de tenter de le convaincre qu’il se trompe. Le facteur-clé, c’est de ne pas les juger et de leur proposer une manière concrète de se réinsérer en trouvant un nouveau travail, des amis, une nouvelle vie. Et ça vaut aussi bien pour un skinhead que pour un islamiste radical.
AVE compte actuellement 44 "anciens" comme on les appelle et 18 "survivants", c’est le nom donné aux victimes. Les membres sont localisés sur une carte du monde pour favoriser les contacts. Le réseau compte atteindre 500 membres au bout d’un an, et 1000 après deux années d’existence. Il est aussi ouvert à toutes les personnes qui souhaitent s’engager dans la lutte contre l’extrémisme violent, militants, chercheurs ou entrepreneurs.
Jonathan Powell, un ancien chef de Cabinet du Premier ministre Tony Blair estime que cette initiative est tout-à-fait innovante pour réaliser un projet que les gouvernements seraient incapables de prendre en charge eux-mêmes. AVE démontre en tout cas que le réseau en ligne est devenu aujourd’hui un modèle d’organisation sociale reconnu.
Alain Gerlache




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