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"Cloclo", un biopic "comme d'habitude"

CHRONIQUES | mercredi 14 mars 2012 à 11h25

  • A moins d’avoir vécu en hibernation ou dans un abri anti-atomique ces dernières semaines, difficile d’ignorer que "Cloclo", la biographie de Claude François, sort ce mercredi…

    Oublions un instant l’arsenal promotionnel et examinons le film.

    A l’actif du film : ce n’est pas une hagiographie. Le risque existait, à partir du moment où les deux fils de Claude François coproduisaient le projet. Il n’en est rien : le réalisateur Florent-Emilio Siri montre un Claude François pugnace, talentueux et perfectionniste mais il n’hésite pas non plus à dépeindre un homme nombriliste, jaloux, possessif, véritable tyran domestique.

    Mais au passif du film, il y a par contre cette volonté  un peu vaine d’exhaustivité, avec un scénario construit comme une succession de tableaux (l’enfance en Egypte, le retour douloureux en France, les débuts difficiles, les premiers succès, etc…) Tout s’enchaîne pendant deux heures et demie, sans véritable relief ; Siri est appliqué, mais rarement inspiré.

    Reste la prestation de Jérémie Renier. Beaucoup de media " people " s’extasient sur sa ressemblance avec Claude François. C’est oublier qu’un film, c’est plus qu’un concours de sosies. Certes, Jérémie a capté les looks de Cloclo, il a travaillé  ses pas de danse et son chant. Mais jamais il n’incarne son modèle, il ne restitue jamais le côté sec, nerveux et très contrôlé du personnage. Pour citer des exemples récents : Meryl Streep ne ressemble pas à Margaret Thatcher mais elle en a capté la voix et les attitudes, Michelle Williams est loin d’avoir le physique de Marilyn Monroe mais elle retrouve le charme fragile de la star. Parce que ce sont des grandes actrices qui se sont posé la question de la différence entre l’incarnation et l’imitation. C’est toute la différence.

    Enfin, on peut s’interroger : à qui s’adresse " Cloclo " ? Les fans irréductibles du chanteur seront désarçonnés par cette vision en demi-teinte de leur idole, tandis que les autres spectateurs n’auront pas forcément envie de subir un trop long-métrage sur un chanteur de variétés des années 70.

    38 témoins

    A l’origine du nouveau film de Lucas Belvaux, un fait divers qui a défrayé la chronique à New York: en 1964 dans un quartier du Queens, une jeune serveuse dénommée Kitty Genovese était agressée à 3h00 du matin par un tueur en série. Son agonie a duré près de vingt minutes et aucun des 38 témoins n’a levé le petit doigt. Enorme scandale aux USA, l’ " affaire Genovese " a poussé les autorités à créer le 911, numéro d’appel d’urgence, pour éviter que de tels cas ne se reproduisent. Le romancier français Didier Decoin s’est inspiré de cette affaire pour écrire un récit intitulé " Est-ce ainsi que les femmes meurent ? "

    Dans son film " 38 témoins ", Lucas Belvaux transfère l’intrigue de nos jours au Havre. Il choisit de peu s’intéresser à l’enquête policière autour du crime pour se focaliser sur le comportement des témoins et se concentre sur l’histoire d’un couple (incarné par Yvan Attal et Sophie Quinton), progressivement rongé par la culpabilité.

    Belvaux choisit aussi de tourner le dos au réalisme pour mettre en scène un film qui se rapproche plus du théâtre et de la tragédie grecque : dans des décors épurés, quasi ascétiques (des rues désertes, des appartements banals), les protagonistes échangent des dialogues très écrits… Ce parti-pris stylistique peut dérouter, mais il témoigne d’un vrai regard de cinéaste, plus intéressé par le questionnement philosophique que par l’émotion brute. Et ce regard est suffisamment rare pour mériter qu’on s’y arrête.

    La dame en noir

    Daniel Radcliffe est aujourd’hui à la croisée des chemins : devenu riche et mondialement célèbre grâce à la saga " Harry Potter ", il doit maintenant prouver qu’il peut incarner d’autres personnages. (Au théâtre, il avait déjà joué le drame " Equus " avec un certain succès, mais cela restait relativement confidentiel).

    Pour son premier film " post-Harry ", Radcliffe a jeté son dévolu sur un petit film de genre : " The woman in black ", l’adaptation d’un roman d’épouvante porté sur les planches à Londres depuis des années. Il y incarne un jeune notaire dépressif suite à la mort en couches de sa femme et qui est mandaté dans un bled reculé pour y régler la succession d’une vaste demeure. Dès son arrivée, il ne rencontre qu’hostilité chez les villageois, car il découvre que la demeure a été le théâtre d’un drame familial, et est aujourd’hui hantée par une mystérieuse " dame en noir "…

    Ce film de genre, qui avance sous la bannière " Hammer ", essaye de renouer avec les bons vieux films d’épouvante de la " Hammer Films " des années 60 qui tablaient plus sur le pouvoir de suggestion que sur un déluge d’effets spéciaux… Hélas, l’époque a changé et ce gentil film fantastique qui accumule tous les clichés du genre apparaît bien désuet et suranné en 2012. Et Daniel Radcliffe dans tout ça ? Il écarquille ses grands yeux bleus pendant une heure et demie, difficile de juger de la palette de son jeu dans un rôle aussi sommaire.

    Hugues Dayez

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    Derniers commentaires

    • de zinneke Exact CDC, personne ne le fait remarquer pourtant, c'est dire la "qualité" du travail d'investigation journalistique de nos jours. Par ailleurs, on peut s'étonner de voir Hugues Dayez louer les qualités d'une actrice donnant une "performance" foncièrement malhonnête dans le biopic puant "Thatcher" (à quand Dustin Hoffman jouant le biopic d'Augusto Pinochet, et montrant ce pauvre brave grand-père gateau en butte aux méchants juges qui veulent l'arrêter???) et d'autre part critiquant la prestation de Jérémie Renier, pourtant infiniment plus correcte dans sa manière de montrer les parts d'ombre du personnage (pas Pinochet, Claude François! - encore que j'ai "autant" de sympathie pour l'un que pour l'autre ^^ ). Un petit différent personnel avec l'acteur, Mr Dayez?

      14-03-2012 18:49 | Répondre

    • de cdc "L'affaire Kitty Genovese" est en fait une pièce montée, un soufflé qui a fait pschitt quan trois psychologues ont étudié l'affaire de plus près en 1974. Historiquement, le livre de Decoin ne vaut rien, et Belvaux a bien fait de prendre du recul sur ce côté "réaliste".

      14-03-2012 12:16 | Répondre

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      14-03-2012 18:49 | Répondre

    • de cdc "L'affaire Kitty Genovese" est en fait une pièce montée, un soufflé qui a fait pschitt quan trois psychologues ont étudié l'affaire de plus près en 1974. Historiquement, le livre de Decoin ne vaut rien, et Belvaux a bien fait de prendre du recul sur ce côté "réaliste".

      14-03-2012 12:16 | Répondre

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