Bescherelle ta mère, le Justicier de la langue française sur la Toile

Alain Gerlache
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Alain Gerlache - © RTBF

C’est une véritable croisade pour défendre la langue française qu’a lancé un mystérieux internaute sur les réseaux sociaux.

Le Web attire les justiciers de tout poil et les causes les plus diverses y ont leurs défenseurs. Mais quand même, il faut avoir le cœur bien accroché pour se lancer à l’assaut des fautes qui submergent la Toile. Depuis quelques jours, la langue française y a trouvé son Vengeur Masqué. Il traque, dénonce, pourfend les injustices et les agressions dont sont victimes l’orthographe et la grammaire du français tel qu’on le martyrise sur le Net.

Mais attention : on est bien loin du ton compassé de l’Académie française ou de la Semaine du Bon Langage de jadis. Ce nouveau Zorro linguistique ne manie pas la litote. Il y va à grands coups d’épée. Voire de Kalachnikov.

Pourtant, il a choisi un nom qui fait référence à des ouvrages on ne peut plus sérieux : Bescherelle. Mais il y a la suite. Le nom du site est déjà tout un programme : Bescherelletamere.fr fait allusion à une des insultes les plus célèbres du français contemporain. Et la suite est de la même veine. Attention les oreilles. La bio sur Twitter : "Justicier de l'orthographe. Je suis là pour corriger vos fautes, bande de cons". Et celle de la page Facebook : "J'essaie de vous instruire, putain de merde". J’arrête avant les plaintes au CSA.

Tout un programme. Et tout y passe, depuis l’ado qui est convaincu que le verbe croire à la troisième personne du pluriel de l’indicatif présent, c’est : "ils croivent". Jusqu’aux médias comme TF1 qui en plein écran dans le JT a écrit Boeing : B O I N G. En passant par l’inévitable Christine Boutin, plus à cheval sur la morale conjugale que sur la conjugaison, et qui sur Twitter confond le futur et le conditionnel: "J’aurai voulu voir" au lieu de "J’aurais voulu voir".

Et le succès est au rendez-vous. Ce mystérieux pourfendeur des dérives du langage affirme que le site a déjà reçu 90 000 visites depuis le 28 février. Sa page Facebook affiche plus de 5000 fans. Et le compte Twitter plus de 10 000 abonnés.

Problème : les Editions Hatier, qui publient les Bescherelle, n’apprécient manifestement pas l’initiative comme en témoigne ce message publié sur Facebook après un contact avec leur service juridique : "Ils veulent que j'arrête d'utiliser le nom "Bescherelle" dans mes activités. Ils ont peur que les gens ne comprennent pas que c'est une parodie".

Moi je dis que c’est de la jalousie parce les Editions Hatier n’ont que 340 followers sur Twitter…

@AlainGerlache #mediaTIC

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