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Bataille du premier mai

CHRONIQUES | mercredi 2 mai 2012 à 11h05

  • Authentiquement libéral ou essentiellement socialiste ? Entre Charles Michel et Paul Magnette, on se disputait ce premier mai comme le dernier jeu à la mode dans une cour de maternelles. Qui a raison dans ce débat ? Historiquement, Paul Magnette a raison : le premier mai est une fête syndicale, une fête de gauche. Mais politiquement, Charles Michel n'a pas tort : le premier mai est aussi authentiquement libéral. Explications.

    La fête du travail est une commémoration des combats syndicaux pour la journée de 8 heures en Amérique du Nord, on l'a rappelé. Une fête sociale, de gauche, syndicale, associative. Une fête rapidement récupérée politiquement ; d'abord par les Bolchéviques, en Russie, qui font du premier mai un jour chômé comme fête des travailleurs. Le cas fait école et le premier mai s'institutionnalise un peu partout ; un point donc pour Paul Magnette. Mais ce premier mai n'est pas instrumentalisé, ou institutionnalisé, c'est comme on veut, que par les socialistes...

     

    Un exemple pas pris au hasard : en 1941, la France institue le premier mai journée fériée, chômée et  payée comme " la fête du Travail et de la Concorde sociale ", c'est l'expression légale. En 1941, vous avez bien entendu, c'est donc sous le régime de Vichy et du Maréchal Pétain que la fête du travail s'institutionnalise définitivement. Car dans travail, famille, Patrie, c'est évident, il y a travail. C'est un exemple extrême, bien sûr, mais il montre que le travail n'est pas une valeur de gauche, il est politiquement inclassable comme tel.

    C'est évidemment l'approche qu'on fait du travail qui va différer entre gauche et droite. A gauche, le travail salarié est considéré comme le produit d'une relation de domination par le capital qui profite du travail, une relation qu'il faut rééquilibrer en redistribuant la richesse, en combattant…A droite, le travail est loué pour la vertu morale individuelle et collective de l'effort.

    Pas d'épanouissement personnel, pas de création de richesse collective sans travail.

    Politiquement donc, pris dans un sens littéral, Charles Michel a raison de dire que la fête du travail est authentiquement libérale ; il n'a pas dit historiquement, il a bien dit authentiquement. Le MR fête le travail à Jodoigne pour ne pas laisser le monopole média à la gauche. Nicolas Sarkozy fête le travail au Trocadéro cette année pour occuper le terrain face à Marine Le Pen qui le fête pour ne pas laisser le terrain aux syndicats et occuper seule les titres du 20H.

    Que retenir de tout ça ? Que la campagne pour les élections communales a déjà commencé. En clair, qu'on est un peu plus en campagne que d'habitude, que les socialistes et les libéraux adorent se différencier en s'invectivant et que c'est encore plus vrai en cas d'élections présidentielles en France. Voilà pourquoi ce premier mai fut plus salé que d'habitude. Rendez-vous en 2014, avant les élections législatives, régionales et européennes, pour un énième remake...

    Bertrand Henne

    Retrouvez les chroniqueurs de Regards croisés du lundi au vendredi dans le grand journal de la mi-journée sur La Première.

    Derniers commentaires

    • de csalmon Cette chronique serait à mettre en regard de l'émission de samedi 5 mai sur l'"éloge de l'oisiveté" et de la place du travail dans la société future. Le travail "tripalium" en relation avec la torture, en relation avec la soumission et l'effort non consenti alors que l'oisiveté serait à mettre en relation avec la réflexion et la créativité et aussi avec l'épanouissement personnel. Ne devrait-on pas instaurer une fête de l'oisiveté? Qui la revendiquerait? Ne rien faire et penser ou agir et matérialiser la pensée: les deux mon général! Il serait absurde d'oublier la bipolarité de toute chose , indispensable à notre bien-être de bien penser et de bien faire.N'être l'esclave de rien ni de personne pas même de soi: l'action et la réflexion sont complémentaires; la recherche de l'équilibre, voilà la clef. L'effort que demande la pensée comme l'action semble bien léger quand il est porté par la motivation. Il n'y a pas de travail alors.

      09-05-2012 10:23 | Répondre

    • de Wiolshit Une chose me choque profondément : de tous ces socialistes que l'on entend chanter l'Internationale, aucun ne pense à la Brabançonne, ni ne la connaît.

      07-05-2012 18:44 | Répondre

    • de erv Un ministre, par soucis d'économie, voulait supprimer le congé de Pentecôte. Pourquoi pas supprimer le 1er mai ? Cela mettrait fin à ces guignoleries indignes de "responsables" politiques et qui trouveraint mieux leur place dans un DON CAMILLO. De plus le 1er mai ne tombant pas systématiquement un lundi ou un vendredi, il entraîne souvent des "ponts". Il serait donc plus économique de supprimer le 1er mai que la Pentecôte qui elle tombe toujours un lundi. De plus la supression de tous ces rassemblements et manifestations serait bénéfique à l'écologie (moins de déplacements = moins de pollution).

      02-05-2012 15:23 | Répondre

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      Bertrand Henne

  • La chronique de Bertrand Henne 02/05/2012
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    • de csalmon Cette chronique serait à mettre en regard de l'émission de samedi 5 mai sur l'"éloge de l'oisiveté" et de la place du travail dans la société future. Le travail "tripalium" en relation avec la torture, en relation avec la soumission et l'effort non consenti alors que l'oisiveté serait à mettre en relation avec la réflexion et la créativité et aussi avec l'épanouissement personnel. Ne devrait-on pas instaurer une fête de l'oisiveté? Qui la revendiquerait? Ne rien faire et penser ou agir et matérialiser la pensée: les deux mon général! Il serait absurde d'oublier la bipolarité de toute chose , indispensable à notre bien-être de bien penser et de bien faire.N'être l'esclave de rien ni de personne pas même de soi: l'action et la réflexion sont complémentaires; la recherche de l'équilibre, voilà la clef. L'effort que demande la pensée comme l'action semble bien léger quand il est porté par la motivation. Il n'y a pas de travail alors.

      09-05-2012 10:23 | Répondre

    • de Wiolshit Une chose me choque profondément : de tous ces socialistes que l'on entend chanter l'Internationale, aucun ne pense à la Brabançonne, ni ne la connaît.

      07-05-2012 18:44 | Répondre

    • de erv Un ministre, par soucis d'économie, voulait supprimer le congé de Pentecôte. Pourquoi pas supprimer le 1er mai ? Cela mettrait fin à ces guignoleries indignes de "responsables" politiques et qui trouveraint mieux leur place dans un DON CAMILLO. De plus le 1er mai ne tombant pas systématiquement un lundi ou un vendredi, il entraîne souvent des "ponts". Il serait donc plus économique de supprimer le 1er mai que la Pentecôte qui elle tombe toujours un lundi. De plus la supression de tous ces rassemblements et manifestations serait bénéfique à l'écologie (moins de déplacements = moins de pollution).

      02-05-2012 15:23 | Répondre

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