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A gauche, mais quelle gauche?

CHRONIQUES | mardi 26 juin 2012 à 9h29

  • Régulièrement, des formations tentent de s'implanter à la gauche du PS. Le PC a eu ses heures de gloire. Les sondages sont favorables pour le PTB. Le Mouvement de Gauche a été porté sur les fonts baptismaux samedi dernier.

    Le Mouvement de Gauche... un nouveau parti vient de se créer à la... gauche du paysage politique francophone.

    La création de nouvelles formations n'est pas rare chez nous,  mais finalement bien peu arrivent à durer...

    Le seul contre-exemple c'est finalement Ecolo créée en 1980 et toujours présent. Pour le reste, c'est souvent l'échec électoral et la disparition qui attendent les partis même quand ils ont eu des députés comme le FN, le RW ou l'UDRT. L'avenir du Parti Populaire reste incertain. A gauche, Bernard Wesphael tente donc à présent d'implanter son Mouvement de Gauche, plus à gauche que PS ou Ecolo mais pas autant que le PTB, pourrait-on résumer.

    Et ce n'est pas la première fois qu'un tel type d'opération voit le jour...

    C'est même assez fréquent quand le PS est au pouvoir en période de crise. Ce fut un peu le cas Ecolo ou de la tentative manquée de syndicalistes socialistes avec le CAP (Comité pour une Autre Politique) en 2007. En fait, depuis l'instauration du suffrage universel et la scission du mouvement ouvrier entre communistes et socialistes, il y a toujours eu une place pour une formation à la gauche du PS, jugé trop à droite ou prêt à faire des concessions à la droite pour gouverner. Longtemps, le Parti Communiste a occupé la place (des parlementaires de 1921 à 1985) mais n’a seulement eu une réelle influence politique tout juste au sortir de la guerre ou dans certains bastions industriels.

    Le PS a toujours su occuper une large place à gauche, étant un véritable parti de masse à la différence, par exemple des socialistes français, italiens ou espagnols, où là c'était le PC qui remplissait ce rôle. En Belgique, seul Ecolo conteste quelque peu aujourd'hui cette place mais les 2 formations gouvernent aussi ensemble Wallonie et Bruxelles.

    Y a-t-il dès lors de la place à la gauche de ces 2 partis?

    L'extrême-gauche au sens large reste très morcelée, minée par ses querelles de chapelle entre trotskistes, ex-maoïstes ou marxistes de stricte observance. Le PTB a enregistré quelques succès locaux (Zelzate, Herstal, Seraing,...) mais ne semble pas prêt à une fusion des "petites" gauches. L'émiettement de toutes ces voix restera profitable aux grandes formations qui se partageront arithmétiquement les élus (en Hainaut, il "faut" 6% pour décrocher un député, pas loin de 8% à Liège et actuellement l'extrême-gauche pèse un peu plus de 3%).

    A la différence de la Flandre, le paysage politique francophone est très stable. Mais le contexte économique européen peut peser sur de futurs résultats. C'est en tout cas l'espoir de ces formations.

    Philippe Walkowiak

    Cette Chronique a été diffusée ce mardi 26 juin dans Matin-Première.

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