Ces militants anti-junte ont été condamnés lors d'une audience spéciale qui s'est tenue à huis-clos à l'intérieur de la prison d'Insein, dans la banlieue Nord de Rangoun.
"Au total, 23 militants ont été condamnés aujourd'hui à la prison d'Insein. Ils ont été condamnés à 65 ans de prison chacun", a dit un membre de la famille d'un condamné, sous le couvert de l'anonymat.
Un porte-parole de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi a confirmé qu'au moins 14 opposants avaient été condamnés mardi à 65 ans de prison chacun.
En Thaïlande, l'Association d'Assistance aux Prisonniers Politiques Birmans (AAPP) a précisé que 14 des condamnés appartenaient à un groupe d'anciens étudiants de la "Génération 88".
Ces étudiants avaient été à l'avant-garde d'un soulèvement qui avait été écrasé par les militaires en 1988, faisant quelque 3.000 morts. Nombre de ces militants démocrates avaient passé de longues années en prison.
En août 2007, le groupe de la "Génération 88" avait déclenché de nouvelles manifestations à Rangoun après la décision des autorités d'augmenter massivement et brusquement les prix des carburants. Des dizaines d'opposants avaient été arrêtés.
Le mois suivant, des moines bouddhistes avaient pris la tête du mouvement de protestation mais le régime avait brutalement réprimé les défilés, faisant au moins 31 morts, selon un enquêteur des Nations unies.
Lundi, un célèbre blogger birman, Nay Phone Latt, qui avait été arrêté en janvier, avait été condamné à 20 ans de réclusion dans la prison d'Insein.
Nay Phone Latt avait utilisé son blog comme un forum de discussions sur les difficultés de la vie quotidienne en Birmanie, notamment les coupures d'électricité et la montée des prix.
Un poète, Saw Wai, avait lui été condamné à deux ans de prison pour avoir diffamé l'Etat dans un poème crypté qui avait fait référence au chef de la junte, le généralissime Than Shwe.
La Birmanie compte plus de 2.000 prisonniers politiques, selon Amnesty International.
En 1990, la LND avait remporté une victoire écrasante à des élections pluralistes, mais les militaires avaient refusé de reconnaître les résultats et de céder le pouvoir, qu'ils détiennent depuis 1962.