"Ce qui se passe est très logique puisque l'enseignement dans les communes à facilités de la périphérie est donné sur le territoire flamand et est financé par la Communauté flamande", affirme d'emblée le ministre flamand, rappelant par ailleurs que la Cour d'arbitrage a déjà affirmé en 2006 que l'enseignement dans ces communes devait être bilingue. En venant au parlement de la Communauté française, Pascal Smet a donc "voulu expliquer comment se passe cette inspection". "Ce n'est pas un truc hostile ou contre les parents, non c'est pour renforcer les écoles", dit-il.
"Evidemment, en les inspectant, on va tenir compte de la spécificité de ces écoles. Ce sont des écoles où l'enseignement est donné en français et on ne remet pas ça en question", souligne Pascal Smet.
Un argumentaire qui ne convainc pas les francophones. Ceux-ci relèvent que, même si c'est la Communauté flamande qui paye, celle-ci reçoit de l'argent du fédéral à cette fin. "Un élément de plus en faveur de la thèse flamande, rétorque Pascal Smet, parce que si à l'époque le législateur avait voulu que ces écoles soient francophones, l'argent ne serait pas allé à la Flandre mais aux francophones". Et puis, "il y a plein d'autres dotations données par le fédéral".
Passage en force?
Une loi de 1971 attribue pourtant l'inspection pédagogique à la Communauté française, mais le parlement flamand aurait décidé de passer outre à cette loi. "Oui, mais c'était l'époque de la Belgique unitaire", précise le ministre. "Il y a eu une réforme de l'Etat et des lois spéciales". Mais Pascal Smet avance encore un autre élément : "Depuis huit ans il y avait la volonté d'établir un protocole au sujet de l'inspection. Ca avait commencé avec Luc Vandenbossche, puis Marleen Vanderpoorten a continué, ainsi que Frank Vandenbroucke. Chaque fois on y était presque mais à la dernière minute les francophones n'ont pas voulu signer ; et c'est très bizarre de le constater mais en déposant un projet de décret interprétatif, l'objectif était d'amener le Conseil d'Etat à dire qui était compétent. Mais le Conseil d'Etat ne s'est pas prononcé, alors la seule manière d'amener la Cour constitutionnelle, cette fois, à se prononcer, c'était de voter le décret".
N'était-ce pas un passage en force, ainsi que les francophones le pensent ? "Je comprends qu'une impression comme celle-là existe, mais je demande aussi de regarder de l'autre côté. Il y a une logique d'aider les écoles, de les renforcer. C'est ça le but. Je comprends que certains politiques veuillent faire un peu de théâtralisation, de dramatisation ; mais je comprends aussi l'autre logqiue ; et encore une fois l'inspection n'est pas répressive", se défend l'invité de Betrand Henne.
Exceptions programmatiques
Quant aux programmes, le ministre flamand explique qu'il y a bien sûr des socles de compétence en Flandre, mais que les écoles peuvent demander des dérogations. "On va accepter les exceptions, par exemple pour le français ; c'est la logique des choses", dit Pascal Smet. "Il ya énormément d'autonomie dans nos écoles et une bonne école pour nous est une école qui atteint ses objectifs finaux, qui sont posés dans des termes assez généraux. Il y a donc des différences qui sont possibles".
Pascal Smet se réjouit enfin que le dialogue ait pu s'instaurer avec le parlement de la Communauté française. Un dialogue de sourds.
Thomas Nagant