Qu'un représentant de l'Etat se rende à la cérémonie religieuse lui paraît normal mais qu'une bonne partie se déplacent au frais du contribuable est "malheureux au regard du principe de la séparation entre l'Etat et l'Eglise". Selon Olivier Maingain, les plus hautes autorités de l'Etat doivent apprendre "à avoir un devoir de réserve vis-à-vis de n'importe quel choix philosophique ou religieux". Et de s'interroger: "Est-ce que demain il faudrait financer le voyage de ministres qui iraient à la Mecque ou à d'autres cérémonies religieuses ? ".
BHV
Interrogé sur les nouvelles négociations sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, Olivier Maingain a affirmé que "finalement, tout le monde vit bien sans que BHV ne soit scindé à part les séparatistes au nord du pays".
Le président du FDF dit également, "comprendre" que la Communauté germanophone s'interroge sur la nécessité d'enclencher à son tour la procédure de conflit d'intérêt. Il estime d'ailleurs que le parlement bruxellois devrait le faire avant les germanophones, ce serait plus "élégant", dit-il, d'autant que "Bruxelles est le plus concerné". "C'est son avenir", dit-il, "ce sont ses limites" qui sont en jeu.
Les partis flamands de Bruxelles doivent assumer "leur part de responsabilité", estime-t-il, "pour une solidarité bruxelloise", en laissant de côté les "extrémistes".
Pour Olivier Maingain, "c'est l'avenir de l'Etat belge qui se joue car BHV est un des derniers verrous contre une forme de séparatisme". "BHV permet d'avoir un lien avec la périphérie", dit-il.
Si on scinde, on va vers une frontière d'Etat entre le Nord et le Sud, ajoute-il. Ne pas scinder BHV, c'est une manière de "garantir la stabilité institutionnelle du pays", dit-il. Et si on veut diviser l'arrondissement, il faut agrandir le territoire, affirme-t-il.
Mais ces négociations institutionnelles vont prendre du temps, "il faut peut-être dans un premier temps d'abord donner une solution technique" au problème BHV, dit-il.
Le conclave budgétaire
Olivier Maingain n'a pas cité de chiffres mais il a prévenu que "ceux qui ne veulent pas préparer l'équilibre budgétaire pour 2015, prépareront la charge sur le futur". "Il faudra avoir la volonté d'assainir les finances publiques", dit-il.
Une manière d'y arriver, selon lui, est de vérifier les dépenses. Aucun secteur ne doit y échapper même pas la sécu, dit-il. Mais "cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas assurer une certaine croissance des dépenses de la sécurité sociale et particulièrement des soins de santé", ajoute-t-il.
Le président du FDF a également parlé d'un "impôt juste et équitable" et d'un "effort à faire du côté des banques". Olivier Maingain parle notamment d'une "obligation de transparence" des banques vis-à-vis des épargnants. "Le citoyen doit savoir ce que l'on fait de son épargne" et il faut à tout prix en finir avec les "mouvements spéculatifs exagérés", dit-il.
Un FDF en Wallonie
Dans "Questions Publiques", Olivier Maingain a annoncé son intention de lancer le FDF en Wallonie. Pour l'instant, son parti n'est présent qu'à Bruxelles mais il dit réfléchir à présenter des listes FDF au sud du pays dans un avenir proche.
"Je constate que, spontanément, bon nombre de wallons viennent vers nous, notamment parce que nous exprimons au sein du MR cette sensibilité sociale qui est très forte et qui est très nécessaire pour avoir un projet social sans le socialisme", a-t-il dit.
Didier Reynders, un handicap ?
Interrogé sur les propos tenus par Louis Michel il y a une quinzaine de jours sur nos antennes, Olivier Maingain s'est dit "lassé par ces petites phrases assassines ou qui se veulent pseudo-amicales".
"Je souhaite vraiment que l'on se consacre aux priorités programmatiques". Ceux qui ne le font pas n'aident pas le MR, dit-il. "Louis Michel a tellement apporté au MR qu'il est capable d'apporter encore beaucoup pour l'avenir dès lors qu'il participe à un consensus que nous devons trouver en notre sein".
Le MR a encore besoin de Didier Reynders, ajoute-t-il, un homme "intelligent" et "fin en politique". Il sait ce qu'il doit adapter pour pouvoir redresser le barre, affirme-t-il.
(C. Biourge)