Pour le ministre-président de la Région wallonne, Rudy Demotte, Didier Reynders est prêt à mépriser les Wallons et "donner aux Flamands les plus radicaux des arguments caricaturaux pour les convaincre de défaire la solidarité belge", si cela peut servir ses stricts intérêts électoraux.
M. Demotte réagit ainsi aux propos tenus par le président du MR dans un entretien publié samedi par Le Soir, dans lequel la Wallonie est en partie ciblée comme responsable de la durée de la crise politique actuelle. "Plutôt que d'oeuvrer à diviser les forces francophones, il conviendrait de les rassembler. Plutôt que de mépriser les Wallons, il serait bon de les défendre. Plutôt que de s'enliser dans le passé, le président du MR devrait aider à la construction d'un avenir", précise le communiqué de Rudy Demotte.
Le ministre-président de la Région wallonne indique en outre que le seul reproche que Didier Reynders nourrit à l'encontre du plan Marshall porte uniquement sur la nature de son appellation. Soulignant que les acteurs de terrain, tels l'Union wallonne des Entreprises, en demandent la pérennisation, Ruddy Demotte constate, "de mémoire, qu'une telle demande n'a jamais été formulée à l'encontre de l'une des politiques mises en oeuvre par le ministre Reynders".
De son coté, le vice ministre-président du gouvernement wallon, André Antoine (cdH), a qualifié les propos tenus par Didier Reynders d'"affirmations mensongères" qui ne servent que les intérêts personnels du président du MR. "C'est une trahison de la cause francophone". "De nombreuses grandes sociétés ont investi en Région wallonne et le montant du budget consacré à la recherche scientifique a grimpé à 65%, soit autant que nos voisins du Nord. La KBC, grand organisme financier, a elle-même reconnu que la Wallonie avait fortement progressé", a ajouté M. Antoine. Il a en outre souligné qu'alors que les libéraux étaient au pouvoir, des réformes fiscales ont été promises, mais jamais réalisées. "Et ce que Reynders oublie de dire, c'est que le budget de cette législature a pu être maintenu en équilibre grâce aux 200 millions d'euros que la Wallonie n'a pas dépensés. En somme, pendant que cigale Reynders chantait, fourmi wallonne travaillait", a poursuivi le ministre wallon.