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Démission du gouvernement Leterme: revue de presse

20.12.08 - 10:13

La démission proposée au roi du gouvernement Leterme fait la Une de tous nos quotidiens. La presse étrangère en parle aussi. L'Echo titre en Une "Fortis fait tomber Leterme 1er, alors que la Dernière Heure les Sports opte pour "Bye Bye Leterme!", et la Libre Belgique "La Chute". Revue de presse.

Revue de la presse belge francophone

Martine Maelschalck , la rédactrice en chef de l'Echo, titre son édito "la seule attitude qui s'imposait". "Après quelques peu glorieuses tergiversations, le Premier ministre a fini par prendre la seule décision qui s'imposait: se rendre chez le Roi pour lui présenter sa démission. Le fusible Vandeurzen n'a pas pu empêcher l'inéluctable implosion de ce gouvernement Leterme Ier, mal parti en mars, chamboulé en été, un peu requinqué en septembre- octobre et finalement laminé en décembre par le «Fortisgate»", peut-on lire. "Même s'il devait s'avérer que le fonctionnement du pouvoir judiciaire n'est pas non plus exempt de reproches, cette affaire de pressions politiques sur la Justice sentait suffisamment mauvais pour qu'on arrête les frais", poursuit-elle.

"Sire, de grâce tirez un trait sur lui! Rappelez Guy Verhofstadt", titre pour sa part Christian Carpentier dans les colonnes de la Dernière Heure. "Sire, depuis hier soir vous avez de nouveau reçu la très lourde responsabilité de sortir votre pays -notre pays- de la gravissime crise politique qu'il traverse. Et, une fois de plus, c'est un homme et son entourage qui en sont la cause majeure. Cet homme c'est Yves Leterme. Il avait été imposé au pays par les urnes, dans le plus pur respect de nos règles démocratiques. Mais voilà, ces règles lui et ses proches les ont, semble-t-il, lourdement transgressées ces derniers jours", indique-t-il. Selon M. Carpentier, "il n'est désormais plus question de gaffes ou de crises d'égo, mais de faits bien plus graves" et il en appelle au Roi pour qu'il "tire un trait" sur M. Leterme pour "le bien et la stabilité du pays". Et de proposer le retour de Guy Verhofstadt.

"Il faut aller vite et voir loin", titre Michel Konen dans La Libre Belgique. La démission tombe selon lui à un moment qui n'est pas idéal. "Mais ce gouvernement avait donné tout ce qu'il pouvait c'est à dire bien peu en vérité". "Yves Leterme n'avait rien d'un leader charismatique en dépit de ses 800.000 voix", peut-on lire plus loin. Il faut désormais "quelqu'un qui puisse rétablir la confiance dans les institutions. Problème, l'espèce ne court pas les rues".

"Au suivant, et vite! ", demande en première page, le journal Le Soir. Dans son éditorial, intitulé "Ceci n'est pas une catastrophe", la rédactrice en chef du quotidien, Béatrice Delvaux, estime que "le pays a besoin d'un gouvernement mais uniquement si celui-ci peut exercer sereinement le pouvoir, dans la transparence et l'efficacité". "Mais quel calvaire que le destin de Leterme Ier! Quel chemin de croix avant, et pendant! Et lorsqu'il s'agit d'en finir, un psychodrame sans nom, une impression de ne démissionner que contraint et forcé, sans panache, et quelque part sans sens de l'Etat: je n'y suis pour rien la faute aux autres", juge-t-elle encore, ajoutant que "la vraie catastrophe serait d'aller aux élections, de ne pas exercer le pouvoir, vu les enjeux vitaux qui sont sur la table".

Sur leurs unes, les quotidiens du groupe Sud presse publient un faire-part de décès du gouvernement Leterme Ier. "Après des mois d'incohérence et de crises, un éclair de lucidité l'a convaincu de baisser pavillon", indique cet avis dans son préambule. Et de poursuivre: "Les Belges désabusés par tant d'incompétence; les Citoyens effarés par les dernières révélations; le Pays en plein chaos, ont l'obligation de constater le décès de Leterme Ier, éphémère gouvernement belge". Ce faire-part fictif explique enfin que "le défunt n'a jamais su sortir de ses querelles intestines, n'a jamais trouvé sa voie, n'a jamais trouvé son guide" et qu'il "n'a jamais su amener la paix dans sa famille, n'a jamais su convaincre, n'a jamais voulu écouter les Belges". "Emporté par le déshonneur, il laissera une piètre trace dans nos livres d'histoire", conclut le texte. Dans son édito, Hubert Vanslembrouck considère que le gouvernement Leterme Ier ne doit pas démissionner dans son entièreté mais que seuls le ministre de la Justice Jo Vandeurzen et le Premier Yves Leterme doivent s'effacer.

Enfin, les journaux du groupe Vers L'avenir consacrent également leurs unes aux derniers événements politiques et titrent "Leterme s'efface enfin", soulignant qu'il s'agit de la quatrième démission présentée par Yves Leterme au Roi. Dans son éditorial, Martial Dumont juge qu'"à force de faire des boulettes, le petit Yves va finir par pouvoir ouvrir un restaurant spécialisé du côté de Ypres". L'éditorialiste estime en outre que "tremper dans un problème de porosité entre l'Exécutif et la Justice, c'est autre chose que de risquer de tomber sur une affaire communautaire, baïonnette au clair, comme dans les tranchées de l'Yser". "C'est tout de même beaucoup moins sexy pour son image au Nord du pays", juge-t-il encore.

Revue de la presse belge néerlandophone

De Morgen titre "la faillite de Leterme", alors que Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen indiquent respectivement "Vandeurzen débranche Leterme Ier" et "Leterminus". De Tijd titre "la cour de cassation force Leterme à la démission". "C'est fini", selon Het Nieuwsblad, "Albert cherche un Premier ministre", pour De Standaard et "Leterme veut tout simplement continuer", pour Het Laatste Nieuws.

"C'est la fin d'un gouvernement à oublier au plus vite", indique Yves Desmet dans De Morgen. "C'est la fin d'Yves Leterme, qui a emporté même ses amis dans sa chute. L'homme des plus grandes promesses, dont aucune n'a été réalisée. Ou plus grave: des promesses qu'ils savaient -avant les élections- qu'il ne pourrait pas réaliser". Yves Desmet met en garde: "Si le plus mauvais des gouvernements d'après-guerre peut s'en aller, les problèmes demeurent". L'ancien premier ministre, Jean-Luc Dehaene pourrait être une "solution adaptée".

Luc Van der Kelen (Het Laatste Nieuws) pointe la perte de confiance dans les institutions. Pour la restaurer, le pays a besoin selon lui d'un premier ministre qui bénéficie de "respect dans de larges cercles". "Ce qui est difficile pour Yves Leterme". Les défis, comme le dossier Fortis et le budget, sont trop importants pour organiser des élections ou pour un gouvernement en affaires courants.

Eric Donckier (Het Belang van Limburg) souligne le rôle-clé de la démission du ministre de la Justice Jo Vandeurzen. Sa démission a selon l'éditorialiste, joué le rôle d'une onde de choc au sein du parti du premier ministre, mais également de la majorité, du gouvernement, du parlement tout entier. Elle a été le déclencheur d'un jeu de dominos. Il qualifie la démission de M. Vandeurzen d'"appropriée" et de "scandaleuse" notamment car il est vu comme un homme professionnel, neutre ou encore intègre.

Paul Geudens (Gazet van Antwerpen) qualifie la situation de "très grave mais pas désespérée". Il constate que la chute du gouvernement ne pouvait pas tomber à un plus mauvais moment mais qu'il faut former rapidement un cabinet de transition jusqu'en juin. Il ne faut pas, selon lui, verser dans le défaitisme car ce pays a déjà surmonté plusieurs graves crises.

Peter De Backer (Het Nieuwsblad) souligne aussi que la chute intervient au plus mauvais moment et plaide de même pour la mise en place rapide d'un gouvernement de transition.

Guy Tegenbos (De Standaard) indique que la crise durera aussi longtemps que le jeu destructif continuera et aussi longtemps que les partis n'adopteront pas une ligne claire.

Revue de presse internationale

 

 

En France, Libération qui ne mâche pas ses mots, indique que la crise est provoquée "par une grave violation de l'État de droit". "Inquiet de voir leur Monopoly (ndlr: Fortis) ainsi menacé, l'entourage de Leterme aurait multiplié les pressions sur les magistrats", poursuit Libération. "Cette nouvelle crise n'est qu'un signe de plus du délitement de la démocratie belge. Des élections anticipées, en juin prochain, en même temps que les régionales et les Européennes, deviennent de plus en plus probables", peut-on lire en conclusion de l'article.

Le journal "Le Parisien" pense pour sa part que "le scandale Fortis plonge au plus mauvais moment le pays dans une grave crise politique". Le quotidien rappelle que le Roi avait maintenu M. Leterme en poste lors de sa dernière démission mais "que cette fois néanmoins, les choses semblent beaucoup plus graves". L'affaire Fortis s'est transformée en quasi-affaire d'Etat".

Le Monde parle de son côté d'une "nouvelle et profonde crise qui menace le premier ministre".

Aux Pays-Bas, le quotidien "De Volskrant" indique que le gouvernement belge est "enfin presque tombé à la suite du scandale autour de l'affaire Fortis Banque". Selon le quotidien, Yves Leterme est un homme en qui "personne ne croyait plus".

Le Financial Times, se demande si le pays pourra survivre. La crise met en évidence, selon quotidien, que "l'atmosphère apparemment permanente de confusion et de désunion des politiciens belges amène de plus en plus de spéculations concernant la survie du pays en tant qu'entité unique". Le quotidien constate également que la crise intervient à un mauvais moment. La démission du gouvernement pourrait déstabiliser la Belgique qui fait face à d'importants défis économiques et rappelle la longue paralysie qui a suivi les élections de juin 2007.

Espagne, El Pais, qui s'attarde longuement sur notre pays, titre "débâcle à Bruxelles". Le quotidien souligne que M. Leterme est intervenu rapidement en septembre pour sauver Dexia et Fortis. "Ce fut trop rapide pour 2.000 petits actionnaires de Fortis et apparemment trop détaché par rapport à l'Etat de droit", indique le quotidien.

En Allemagne, la FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung) indique que le sort politique semble scellé et se demande si M.Verhofstatd n'est pas un successeur possible.

Crédit photo : Archive Belga - juillet
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