La catastrophe de Ghislenghien a causé 24 morts, 132 blessés. C'est un terrible gâchis selon le procureur de Tournai. Et le procès de ce terrible gâchis peut se résumer en une seule phrase : "C'est pas moi, c'est lui".
Stéphane Delfosse, victime de la catastrophe, observe : "C'est entre les prévenus principalement qu'il y a une partie de ping-pong qui s'installe, mais il fallait s'y attendre."
Pour la veuve d'une autre victime, "le plus important c'est qu'on reconnaisse les erreurs. Peu importe de savoir qui va être condamné et à quoi."
Depuis le 15 juin les procureurs et ensuite les avocats des 600 parties civiles pointent une accumulation de fautes et de négligences, documents et photos à l'appui. Et aucun des prévenus n'est épargné, Fluxys en tête. Tous semblent s'être comportés comme si de l'eau coulait dans les conduites et non du gaz.
Maître Jean-Philippe Rivière, avocat des victimes déclare le 29 juin : "Celui qui n'est pas encore persuadé qu'on a affaire à un gigantesque gâchis et qu'on a affaire à une accumulation de responsabilités ou plutôt d'irresponsabilités dans le chef de certains responsables présumés: si on n'a pas encore compris ça aujourd'hui, alors on ne comprendra jamais."
Le commandant des pompiers mis en cause
Lors des plaidoiries de la défense, seul un des prévenus reconnaît sa négligence. Christophe Dewaele, conducteur de chantier lorsque la conduite de gaz est endommagée par un engin qui n'aurait jamais dû être là. Les autres prévenus plaident l'acquittement. Et réfutent toutes les accusations allant jusqu'à mettre en cause le commandant des pompiers mort dans la catastrophe il aurait, selon eux, dû faire évacuer les lieux.
L'avocat de Fluxys Maître Marc Preumont donne sa position le 22 octobre: "Pour nous clairement, si le site est évacué dès le départ, par définition il n'y a plus personne sur le site. Et donc personne ne meurt et personne n'est blessé."
200 pompiers viennent alors à l'audience en signe de protestation, seul jour de réelle affluence lors de ce procès qui n'a pas attiré les foules.
Ce mardi c'était la dernière audience. Le président et ses deux assesseurs rendront leur jugement le 22 février 2010 à Tournai-Expo.
J. Meert