Le sommet de Copenhague aura lieu du 7 au 18 décembre 2009. Il s'agit de trouver un accord mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour remplacer le protocole de Kyoto dont l'échéance arrive en 2012.
Les enjeux sont importants et Jean-Pascal Van Ypersele se dit "optimiste" et "assez confiant". Pour ce climatologue, professeur en physique de l'UCL et vice-président du GIEC, "on va dans la bonne direction". "Quand je vois le degré de préparation, le niveau de conscience chez énormément de citoyens et d'acteurs économiques, le nombre de chefs de gouvernement et d'Etat qui seront présents à Copenhague (65 au lieu de trois à Kyoto), je n''imagine pas qu'à Copenhague il y ait autre chose qu'un succès, même si ce sera de toute façon insuffisant". Et d'affirmer que "les Européens pourraient annoncer à Copenhague qu'ils vont jusqu'à -30%" des réductions de gaz à effet de serre. "Beaucoup l'espèrent en tout cas".
Les "efforts" de la Chine et des Etats-Unis
Les efforts annoncés ce jeudi par la Chine sont un pas en avant mais pas un geste fort, estime Jean-Pascal Van Ypersele. "Selon les projections qui avaient été faites par l'agence américaine de l'énergie il y a 2-3 ans", explique-t-il, "l'intensité carbone de la Chine à l'horizon 2020 était projetée, sans changement majeur, allant vers une diminution de 45%. Donc ce qui vient d'être annoncé c'est largement ce qui se serait produit de toute façon car c'est dans l'intérêt de la Chine, elle-même, de réduire ce gaspillage énergétique". "C'est de toute façon ce qui se serait produit" conclut à ce propos le scientifique.
Quant aux efforts annoncés par les Etats-Unis, cela "correspond à une diminution de 3 à 4% par rapport à 1990". C'est bien, mais il faudra faire plus, affirme-t-il en substance.
Les pays développés ne sont pas à l'abri
Interrogé sur un certain effet de mode par rapport au climat, qui risque de s'estomper avec le temps, le climatologue rappelle que "le climat est partagé par tout le monde, aussi bien par les pays pauvres que par les pays riches". Et précise : "On va tous être touchés par les changements climatiques".
A l'été 2003, rappelle-t-il, il y a eu 50 000 décès en Europe et 1200, rien que pour la Belgique. Et d'ajouter : "Les inondations qui ont touché l'Angleterre la semaine dernière et l'Irlande cette semaine, ont touché des centaines de milliers de personnes".
On ne peut pas prédire le climat
Parlant au nom du GIEC, Jean-Pascal Van Ypersele a expliqué qu'on ne pouvait pas prédire le climat, "juste faire des prédictions" puisque "tout dépend des décisions qui vont être prise dans les mois et les années qui viennent. Il fera plus chaud si on pollue plus, il fera moins chaud si on pollue moins".
Et si le GIEC recommande de ne pas dépasser une hausse des températures de deux degrés, c'est parce que au-delà, "les impacts deviendraient très importants".
"Claude Allègre n'est pas climatologue"
Interrogé sur les propos tenus par Claude Allègre - l'ancien ministre français de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie tient des positions controversées sur l'origine et l'évolution du climat - Jean-Pascal Van Ypersele rappelle le rôle du GIEC. Le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat "existe pour trier les infos qui circulent". "Des milliers de scientifiques travaillent ensemble et sont arrivés à la conclusion très claire que l'essentiel du réchauffement climatique de ces 50 dernières années est dû aux activités humaines et pas aux facteurs naturels et je pense que ces milliers de scientifiques ont plus de crédibilité que Claude Allègre qui n'est pas climatologue". Mais il précise : l'homme devra "s'adapter à la partie des changements climatiques que l'on a pas pu éviter. Sur ce point là, il a raison".
Céline Biourge