Taxe Tobin sur les transactions financières: l'Autriche veut que la Belgique prenne position

Taxe Tobin sur les transactions financières: l'Autriche veut que la Belgique prenne position
Taxe Tobin sur les transactions financières: l'Autriche veut que la Belgique prenne position - © THIERRY MONASSE - AFP

La Belgique et la Slovaquie devront abattre leurs cartes en mai concernant la taxe sur les transactions financières. "Si les deux pays disent oui, nous pouvons continuer. Sinon, le projet sera fini", a indiqué mardi le ministre autrichien des Finances Hans Jörg Schelling à l'entrée d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.

Une taxe sur les pensions?

M. Schelling dirige la concertation de dix pays de la zone euro sur la mise en oeuvre d'une taxe sur les transactions financières. Il veut que la Belgique et la Slovaquie lui fassent savoir en mai si elles peuvent approuver un texte de compromis. Si les deux Etats se retiraient, il n'y aurait plus assez de pays pour mener le projet à bien, a expliqué le ministre, pointant les objections belges comme l'obstacle principal actuellement.

La Belgique s'inquiète pour les fonds de pension. "Il est pour nous important de ne pas faire de la taxe sur les transactions financières une taxe sur les pensions. Cela irait trop loin", a déclaré le ministre belge Johan Van Overtveldt (N-VA). Celui-ci a un mandat basé sur l'accord de gouvernement, qui mentionne aussi le secteur des assurances. Le ministre s'accordera avec le conseil ministériel restreint avant la prochaine réunion de mai.

Faire une exception pour les fonds de pension a un impact sur les recettes que permettrait d'engendrer la taxe, ce qui suscite l'opposition d'autres pays. Le ministre slovène devrait ainsi dans ce cas retourner devant son parlement national pour obtenir un nouveau mandat.

Insécurité sur les marchés financiers

Johan Van Overtveldt a démenti que la Belgique bloque les négociations. "Nous sommes engagés dans les discussions, mais nous sommes également très vigilants concernant la situation internationale", a commenté le ministre, qui a fait notamment référence à l'insécurité sur les marchés financiers, au Brexit, à l'avenir du Dodd-Frank Act américain et aux élections en France et en Allemagne. Le ministre allemand Wolfgang Schäuble s'est lui aussi montré préoccupé par le contexte international.

L'Union européenne réfléchit depuis la crise financière à la mise en place d'une taxe sur le commerce des actions, des produits dérivés et financiers. La taxe devrait décourager la spéculation et constituer une nouvelle source de recettes. Mais de nombreux Etats membres ne veulent pas en entendre parler. Seuls dix pays de la zone euro sont toujours impliqués dans les négociations pour mettre en oeuvre cette collaboration renforcée, qui nécessite la participation d'au moins neuf pays.

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