Stéphane Moreau: "La structure Publifin/Nethys a été approuvée par les ministres et trois partis"

L'administrateur délégué de Nethys Stéphane Moreau a exposé pendant près de quatre heures, vendredi devant la commission d'enquête Publifin, la structure et la stratégie du groupe liégeois, évitant toutefois la question des rémunérations des mandataires publics et du management. Il a longuement défendu la bonne santé du groupe, dont la structure actuelle, dit-il, a été approuvée en 2013 par les ministres wallons compétents ainsi que par les responsables du PS, du MR et du cdH, Ecolo ayant été tenu à l'écart.

En 2013, après la tourmente liée à l'acquisition des éditions de L'Avenir, "on nous a dit de revoir la structure, car il n'était pas logique que des journaux soient rachetés par une intercommunale", a exposé M. Moreau.

Je n'ai pas fait ça sur un carton de bière

A la recherche d'un modèle qui garantisse toujours un contrôle de l'actionnaire public sur la structure, il dit avoir pensé au schéma d'Elia et de Fluxys. Soit une structure par étages, avec le holding Publifin actionnaire public, la s.a. Finanpart destinée à accueillir d'autres partenaires publics tels que Brutélé - "et j'espérais d'autres régions de Wallonie" - et enfin Nethys, société industrielle.

"Je n'ai pas fait ça sur un carton de bière. Je suis allé présenter ce schéma aux ministres (wallons de l'Économie et des Pouvoirs locaux) Jean-Claude Marcourt et Paul Furlan, qui ont trouvé que ça avait du sens, parce que personne n'avait de meilleure idée. Puis je suis revenu à Liège, et il a fallu l'accord (Ecolo n'a pas été consulté) des trois partis traditionnels." A l'époque, le ministre de l'Energie était Jean-Marc Nollet (Ecolo), mais M. Moreau ne l'a pas cité.

Et d'énumérer par contre les noms de responsables provinciaux ou de fédérations provinciales de partis associés à cette décision: André Gilles (PS), Willy Demeyer (PS), Daniel Bacquelaine (MR), Pierre-Yves Jeholet (MR) ou encore Dominique Drion (cdH, ce dernier ayant demandé l'accord de son président Benoît Lutgen).

"Quand tout le monde a trouvé que c'était le bon modèle, on l'a mis en œuvre. Il est certes perfectible, mais en termes opérationnels, c'est un bon modèle."

C'est le résultat d'évolutions historiques

L'homme, resté invisible ces dernières semaines parce que sous certificat médical, est apparu sûr de lui et relativement détendu, n'hésitant pas à agrémenter ses 392 slides de présentation de messages publicitaires pour ses produits, ou à commenter l'actualité du marché de l'énergie pour influer les députés à prendre des législations plus favorables.

Il a souligné la manière dont il avait redressé le gestionnaire de réseau RESA, considéré par certains comme la société qui soutient les activités déficitaires du groupe, mais a assuré les députés de l'étanchéité entre secteurs, un point que les commissaires auront à cœur d'approfondir, notamment pour cerner l'impact éventuel sur les dividendes versés aux communes, ou sur les risques encourus.

Pour Stéphane Moreau, le modèle du groupe Publifin n'est pas nébuleux mais compliqué. Mais "grâce à ses holdings successifs et complémentaires, le groupe exerce une influence déterminante en Wallonie, ou avec des acteurs flamands. C'est le résultat d'évolutions historiques."

L'homme a à peine évoqué les comités de secteurs, et uniquement pour la période avant 2013, soit avant l'instauration des organes consultatifs dont les dysfonctionnements ont conduit au scandale Publifin. Il n'a pas abordé la question de la rémunération du management de son entreprise.

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