Stéphane Hazée (Ecolo): "Stéphane Moreau doit partir"

Stéphane Hazée à propos de Publifin : « il y a un environnement de dissimulation »
Stéphane Hazée à propos de Publifin : « il y a un environnement de dissimulation » - © BRUNO FAHY - BELGA

Deux mois après la révélation de l’affaire Publifin et une semaine après le début de la commission d’enquête, Stéphane Hazée, député wallon et membre très actif de la commission, se dit persuadé que le manque d’informations disponibles est trop important pour n’être dû qu’au hasard. Il désigne les responsables et s’étonne de l’absence de mesures prises à l’encontre de la direction du système Nethys-Publifin. Il reproche aussi "à certains socialistes" de continuer à associer Ecolo à un scandale auquel le parti des verts est totalement étranger: "Même Stéphane Moreau le reconnaît"  

Non, ce n'étaient pas des 'ploucs'

Stéphane Hazée n’accepte pas l’expression de Claude Emonts, (l’un des trois présidents des comités de secteur) qui se présente comme un ‘plouc’: " C’est faux ils avaient une responsabilité importante et partagée. Claude Emonts reconnaît de la négligence et il est le seul des trois à exprimer des demi-remords, mais pendant 4 années, aucun des trois présidents des comités de secteur ne s’est interrogé sur le sens des rémunérations perçues."  Et surtout, les procès-verbaux de ces comités ne reflètent pas, selon l’élu Ecolo, la richesse d’échanges dont une présidente a fait état. "L’écart est trop grand entre ce qui est dit en commission et ce que révèlent les PV."

Trois formations politiques ont décidé de ce système

Évoquant la faillite d’un système dont la responsabilité est attribuée au PS, mais "partagée avec le cdH et le MR ", Stéphane Hazée critique une stratégie du silence entretenue par les trois partis: "Personne ne semble entièrement responsable. Tout a été fait pour que l’information autour des comités de secteur n’apparaisse pas. Dès le conseil d’administration, l’info sur les rémunérations est biaisée, on voit les entraves aux démarches de recherche de la vérité. Il y a tout un environnement de dissimilation"... "Quand à chaque étape, tous les éléments sont tellement tenus qu’il ne ne permettent pas de connaître ces rémunérations fictives, cela ne peut être dû au hasard. Trois formations politiques ont décidé de ce système."

Mais si, aux yeux d’Ecolo, les présidents des comités de secteur, la direction et ‘le trio de tête’ se renvoient la balle, des éléments factuels vont permettre "d’établir les choses."

'Tout le monde savait': "la petite musique du PS"

"Ce qui me dérange le plus, s'énerve Stéphane Hazée, c’est que certains commissaires PS reviennent toujours sur cette petite musique 'tout le monde savait' en parlant d’une responsabilité collective. C’est malhonnête, pathétique et dangereux pour la démocratie...Pour Stéphane Moreau, ‘tout le monde savait’, mais il admet qu’Ecolo n’a pas été concerté ".

Il veut aussi couper les ailes à un autre canard selon lequel une commission d’enquête parlementaire aurait tous les pouvoirs d’un tribunal. "Nous avons les pouvoir du juge d’instruction lorsqu’un devoir d’enquête doit être réalisé, mais à aucun moment, les parlementaires n’ont une légitimité à se poser en juge. Et l’enquête judiciaire se poursuit."

"Une déconnexion complète de la direction de Nethys-Publifin"

La commission d’enquête est-elle noyée par l’info? "On commence à en savoir plus. Surtout sur la déconnexion complète de la direction de Nethys-Publifin, ce trio Georges Pire, André Gilles et Domnique Drion amassent des sommes considérables et ne réalisent à aucun moment qu’ils ont des comptes à rendre à la population. Alors que c’est un environnement d’argent public à 100%."

Quant à Stéphane Moreau, il endosse une responsabilité majeure comme chef de l’entreprise, même si ce pouvoir a été partagé avec trois personnes et des fidèles. "Ils sont une dizaine à être un peu partout au sommet de la pyramide. Quand ils rachètent un quotidien dans le sud de la France, ils n’en disent pas un mot aux communes."

Si les démissions d’André Gilles et de Willy Demeyer peuvent être vues comme un signe de renouveau, il est manifeste, pour Stéphane Hazée, que deux mois après les révélations, les mesures tardent, et notamment au sein de Nethys: "Moreau doit clairement partir."

Les présidents de partis en cause?

Reste à savoir si la recherche de la vérité doit remonter jusqu’aux présidents des partis nationaux. Pour le député wallon, il faut, pour le moins remonter aux trois présidents des fédérations liégeoises: "Pour la responsabilité des présidents nationaux des partis, c’est aux responsables liégeois de le dire".

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir