Remplacement des F-16: Steven Vandeput promet un maximum de transparence

Le gouvernement a approuvé ce vendredi, après des mois de tergiversations, le lancement de la procédure de remplacement des chasseurs-bombardiers F-16 par 34 nouveaux avions de combat, un dossier emblématique de la politique de défense du gouvernement, a annoncé le ministère de la Défense.

Le conseil ministériel restreint, puis le Conseil des ministres au complet ont donné au ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), l'autorisation de lancer le programme d'achat et donc d'envoyer l'appel d'offres (en jargon un "Request for governmental Proposal", RfGP) à cinq agences étatiques, trois européennes et deux américaines, représentant chacune un type d'appareil différent candidat à ce marché d'un montant initial de 3,59 milliards d'euros.

Accord d’État à État

Le gouvernement cherche en effet à conclure un accord d’État à État avec le pays qui fournira le nouvel avion de combat.

Les agences concernées sont l'US Navy Program Manager Air 265 pour le F-18 E/F, le Joint Program Office (JPO) pour le F-35, la Direction générale de l'Armement (DGA, dépendant du ministère français de la Défense), pour le Rafale, la Swedish Defence Material Administration (FMV) pour le Gripen et le ministère britannique de la Défense (MoD) pour l'Eurofighter Typhoon.

Le coût total du programme devrait atteindre les quinze milliards d'euros sur la durée de vie du futur chasseur, soit 40 ans, selon les estimations faites par les militaires.

L'appel d'offres, initialement espéré pour début 2015 par les militaires, est attendu avec impatience par les cinq constructeurs en lice: les groupes américains Boeing et Lockheed Martin, l'avionneur français Dassault, le suédois Saab et le britannique BAE Systems, qui proposent respectivement le F/A-18F Super Hornet, le F-35 Lightning II, le Rafale F3R, le Saab JAS 39 Gripen E/F et l'Eurofighter Typhoon.

Interrogé par la RTBF, Steven Vandeput promet un maximum de transparence dans ce dossier: "Une fois que les candidats auront confirmé qu'ils ont reçu l'appel, je rendrai les documents publics". "Afin d'être en mesure de disposer d'une capacité de combat aérien multi-rôle, et en tenant compte de la préparation et les délais de livraison qu'exigent un tel dossier, la décision concernant le remplacement devrait être prise dans le courant de l'année 2018", a souligné Steven Vandeput.

"Moins d'avions sont nécessaires qu'auparavant"

Selon lui, les 34 nouveaux avions permettront de maintenir "le même niveau d'ambition" qu'avec les 54 F-16 actuels - des appareils dont les plus anciens sont entrés en service au début des années 1980. Leur durée de vie est limitée à 8000 heures de vol par le constructeur, Lockheed Martin, ce qui signifie que les F-16 seront progressivement retirés au cours de la période 2023-2028.

"Moins d'avions sont nécessaires qu'auparavant car la nouvelle génération d'avions peut voler plus et qu'il peut y avoir plus d'entraînements sur simulateurs", ajoute la Défense.

Le nombre de 54 permet de garantir le niveau d'ambition mentionné dans la vision stratégique de la Défense: six avions de combat disponibles sur une base permanente pour des opérations et deux avions prêts en permanence à assurer la protection de l'espace aérien belge - et désormais de l'ensemble du Benelux - dans la cadre de la mission appelée "Quick Reaction Alert" (QRA).

La plupart des autres pays utilisateurs originels du F-16, acquis dans le cadre du programme Multinational Fighter Program (MNFP, regroupant les États-Unis et la majorité des utilisateurs européens du F-16 A/B MLU) "ont déjà opté pour un successeur à leurs F-16", poursuit la Défense - sans mentionner le fait qu'il s'agit du F-35 dans le cas du Danemark, des Pays-Bas et de la Norvège.

La commission des achats militaires avait donné le 8 mars son feu vert au lancement de la procédure, mais dans des conditions d'opacité dénoncées par l'opposition.

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