Sous une pluie incessante, le cortège des manifestants, abrités sous une armée de parapluies verts, rouges et bleus, a battu le pavé des rues de la capitale, triplant le nombre de participants initialement espérés par les syndicats. La manifestation, qui réunissait les régionales de Bruxelles et des deux Brabants, a permis aux responsables syndicaux nationaux de rappeler leurs exigences en matière de pouvoir d'achat et de solidarité interpersonnelle. Ils ont aussi défendu l'augmentation du salaire minimum. Les syndicats ont également réclamé des mesures dès le 15 juillet, jugeant hors de question que l'institutionnel forme un écran de fumée devant le socio-économique. "On ne va pas attendre l'hiver ni les négociations interprofessionnelles" prévues à l'automne, a tonné la secrétaire générale de la FGTB Anne Demelenne. "Il en va de la paix sociale dans le pays" at-elle encore prévenu.
La manifestation bruxelloise s'est déroulée sans incident notable et s'est disloquée peu après midi.
Et maintenant ?
Quatre jours de manifestations pour défendre le pouvoir dachat, quatre jours de manifestations qui auront mobilisé au total entre 90.000 et 100.000 personnes dans les rues. Tous les pronostics syndicaux sont donc dépassés : à certains endroits, les manifestations ont réuni deux et parfois même trois fois plus de militants que prévu surtout en Wallonie. Pourquoi ? sans doute parce que la sensibilité sociale y est plus forte et la situation économique moins favorable qu'en Flandre, mais pas seulement. Car les grèves pour le pouvoir d'achat, se sont multipliées ces derniers mois en Flandre. Une soixantaine d'entreprises ont été touchées.
Si la mobilisation ait été moins importante au Nord, les priorités des travailleurs flamands sont cependant les mêmes qu'en Wallonie ; baisse des impôts en général et surtout baisse des taxes sur le mazout de chauffage, l'électricité, le gaz et les carburants. Maintenant le monde syndical attend des propositions concrètes et rapides du gouvernement fédéral. Car la tension est palpable chez les travailleurs, les dirigeants syndicaux le perçoivent nettement. La situation devient explosive, disent-ils ; si le gouvernement n'y répond pas, la rentrée de septembre risque d'être très très chaude avec pourquoi pas, des appels à la grève.Les syndicats espèrent bien sûr éviter cela d'autant qu'en septembre, ils doivent préparer les négociations avec le patronat pour un accord interprofessionnel 2009-2010. Sans accord politique sur le pouvoir d'achat, ces négociations deviendraient très périlleuses.




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)






Faire un commentaire
sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.