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Pour la FEB, "refuser le débat sur l'index est asocial et non solidaire"

BELGIQUE | jeudi 12 avril 2012 à 9h15

  • Invité de Matin Première ce jeudi matin, l'administrateur délégué de la FEB a pointé du doigt les problèmes à résoudre pour améliorer la compétitivité des entreprises belges. Pour Rudi Thomaes, il faut à tout prix ouvrir le débat, de manière "intelligente et non agressive", sur l'indexation des salaires.

    L’imprimerie Helio (Charleroi) a annoncé ce mercredi qu’elle se séparerait prochainement de 111 travailleurs à cause de pertes d’argent trop importantes. "C’est un secteur qui est particulièrement touché", se désole Rudi Thomaes. "Pour le moment, les employeurs sont confrontés à un marché sans croissance, une croissance au niveau zéro. Donc si ces employeurs ne trouvent pas de possibilités pour aborder de nouvelles pistes de croissance et de développement, les conséquences peuvent être particulièrement pénibles, comme dans ce cas-ci."

    La direction d’Helio a également annoncé qu’elle souhaitait revoir les conditions de travail, l’organisation et les salaires pour tous ses autres employés. Des conditions sévères qui devraient sans doute faire réagir les syndicats.

    Une compétitivité à revoir

    Pourtant, aux yeux de Rudi Thomaes, les entreprises belges n’ont pas vraiment le choix. "Nous savons, sur base de rapports du Conseil Central de l’Economie, que nous continuons à perdre en termes de compétitivité quand il s’agit du coût salarial en Belgique par rapport aux coûts qu’on constate en Allemagne, en France et aux Pays-Bas", indique le patron des patrons. "Nous savons que, pour notre économie, il est très important que, notamment dans le domaine des coûts salariaux, nous soyons particulièrement attentifs et qu’il est nécessaire que nous prenions des mesures."

    Parmi les nombreuses mesures fréquemment avancées par certains pour relancer l’économie, on trouve évidemment la question de l’indexation des salaires. Mais à gauche de la scène politique, la réponse est claire : pas question de supprimer l’index. "Mais personne dans ce pays n’a, à ce jour, demandé l’élimination de l’index", rétorque Rudi Thomaes. "Ce que l’Europe, beaucoup d’institutions internationales et le monde des entreprises demandent, c’est qu’on adapte ce système de l’indexation à la situation actuelle."

    Une révision "intelligente et non agressive" de l'index

    L’administrateur délégué de la FEB estime en effet que notre pays est trop vulnérable face aux chocs extérieurs. Une deuxième augmentation des salaires sur un an serait donc, selon lui, "extrêmement dangereuse". "Ceux qui disent qu’on ne peut même pas parler de ce sujet, avoir une discussion sereine sur ce sujet, c’est une attitude asociale et non solidaire", lance Rudi Thomaes au micro de Françoise Baré. Une révision "intelligente et non agressive" permettrait de créer de l’emploi tout en respectant une certaine discipline.

    Pourtant, à l’étranger, des économistes saluent les choix économiques belges et soulignent que le non-respect de certaines recommandations européennes a permis à notre pays de présenter un bon bilan au niveau de l’emploi. "Mais si tout allait bien en Belgique, le problème de l’index ne serait pas un problème. (...) Si tout ceci n’est pas un problème, pourquoi les syndicats ont interdit au Conseil central de l’Economie de faire une étude sur les avantages et désavantages de ce système d’indexation ?",  s’interroge le responsable de la FEB, qui exige un débat "dans un esprit tout à fait ouvert".

    Manque de confiance, manque d'envie

    Autre souci pointé ce mercredi matin par l’invité de Matin Première : le manque de confiance des entrepreneurs. Ceux-ci n’auraient plus "l’envie", selon Rudi Thomaes. "Il faut une stabilité dans le domaine fiscal, il faut une simplification administrative (…) Nous devons lutter contre cette non-compétitivité de la Belgique en termes de prix de l’énergie, surtout à cause de taxes et de toutes sortes de mesures que le gouvernement a prises."

    S’il condamne fermement le négationnisme climatique, Rudi Thomaes estime néanmoins que les normes "vertes" imposées unilatéralement et sans perspective internationale "vont coûter à notre pays de l’emploi et de l’activité économique. Et cela aura aussi un coût social."

    En fin d’interview, Françoise Baré invite Rudi Thomaes à dresser un bilan de la situation des entreprises en Belgique. "Il y a plusieurs entreprises en difficultés et il y en a toujours eu", note-t-il. "La désindustrialisation en Belgique se déroule beaucoup plus vite qu’à l’étranger. Aucun autre pays de la zone euro n’a perdu autant d’emplois et de valeur ajoutée dans le secteur industriel."

    PIAB, avec Françoise Baré

  • Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB.
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  • Matin Première: Rudi Thomaes (FEB) L'administrateur délégué de la FEB était l'invité de Françoise Baré ce jeudi matin.

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