Politique: des décisions dans l'urgence pas toujours bien accueillies

Les politiques doivent souvent réagir dans l'urgence (ici, Charles Picqué et Joëlle Milquet). Des décisions pas toujours bien accueillies.
Les politiques doivent souvent réagir dans l'urgence (ici, Charles Picqué et Joëlle Milquet). Des décisions pas toujours bien accueillies. - © Belga

La semaine fut particulièrement agitée au niveau social (STIB, Andenne, Helio, ...). Et la vague de contestations a évidemment atteint le monde politique. Dans l'urgence, les politiques sont souvent poussés à prendre des décisions rapides. Qui sont fréquemment décriées par les citoyens. Invité de Matin Première, Régis Dandoy, politologue à l'ULB, explique pourquoi.

Les Belges ne semblent plus faire confiance aux décisions prises dans l’urgence, trop rapidement. "Mais il est très difficile, pour les hommes politiques, de pouvoir comme cela réagir au quart de tour", note le politologue de l'ULB. "On leur demande des réactions très rapides, matin, midi, soir ou en plein milieu de la nuit, qui parfois les dépassent ou parfois sont très complexes, (…)  sans qu’ils ne soient, évidemment, toujours préparés. Ils ne peuvent pas connaître tous les dossiers, ils ne peuvent pas connaître tout ce qui se passe et il y a toujours une partie des événements qui sont imprévisibles."

Le choix entre une décision rapide et une réflexion sur le long terme est cornélien, souligne Régis Dandoy. L’homme politique doit jongler entre l’émotionnel et le rationnel, entre les sentiments et les décisions sérieuses. "Lorsqu’il y a un accident de car en Suisse, lorsqu’il y a de gros problèmes de sécurité sur le réseau de la STIB, l’homme politique doit pouvoir réagir en tant que citoyen mais aussi en tant qu’homme politique, en tant que ministre", résume l'invité de Françoise Baré.

Faire face aux attentes médiatiques et sociales

Les élus n’ont pas d’autres choix que de réagir face à ces événements forts mais imprévus, qui viennent se rajouter à des agendas souvent bien remplis. "Ils doivent alors réagir très rapidement alors que leur travail est un travail de long terme. Si par exemple, vous êtes ministre fédéral, vous avez un mandat de 4 ans pour appliquer votre politique, si vous avez des décisions budgétaires, il vous faut le vote de la Chambre et cela prend un an de plus, …, l’application de ces politiques prend beaucoup de temps. Mais là, il faut réagir tout de suite parce qu’il y a une mobilisation médiatique et de la société." Et lors du prochain scrutin, ce même homme politique sera notamment jugé sur sa capacité à avoir pu réagir rapidement.

La Belgique est l’un des pays européens dans lesquels les citoyens font le moins confiance aux élus et aux institutions. Les crises à répétition, qu’elles soient institutionnelles, communautaires ou financières, n’ont en tout cas pas aidé à rétablir cette confiance. "Il y a un fossé entre le citoyen et ses institutions", constate Régis Dandoy. "Les institutions belges ne sont pas les plus simples au monde, elles sont complexes vu les différents niveaux de pouvoir, le grand nombre de partis, les systèmes de coalitions."

PIAB, avec Françoise Baré

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