Pacte d'excellence: méfiants ou inquiets, les syndicats poursuivront les travaux

Pacte excellence: vers un feu vert des syndicats pour poursuivre les discussions
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C'est ce lundi que les syndicats se prononçaient sur la grande réforme de l'enseignement, le Pacte d'excellence. Les partenaires avaient trouvé les 7 mars un terrain d'entente sur les deux points sensibles qui subsistaient, à savoir le projet d'évaluation du travail des enseignants avec de possibles sanctions à la clé, ainsi que la charge de travail (collaboratif) de ceux-ci à l'avenir.

Négociations sous haute surveillance

Après le SLFP et la CGSLB, la CGSP se dit ce lundi ouverte à poursuivre les discussions, tout en restant vigilante : "La poursuite des travaux se fera sous haute surveillance !", annonce le syndicat socialiste. 

La CGSP dit adhérer à la nouvelle mouture des conclusions du Pacte pour un enseignement d'excellence. Elle insiste toutefois pour que le plan de réforme de l'école francophone se fasse sur base des équilibres fixés lors des dernières négociations menées début mars.

Selon le syndicat, l'inquiétude sur les modalités de concrétisation des mesures du pacte reste néanmoins grande auprès de ses affiliés. Ceux-ci demandent également que les conditions "extrêmement difficiles" de travail pour les enseignants et d'apprentissage pour les élèves - qui n'ont selon eux pas été pris en compte dans le Pacte - soient à présent intégrées dans les négociations sectorielles bisannuelles. Le syndicat déplore aussi que la situation de quasi-marché scolaire et la concurrence entre établissements qui prévaut en Fédération Wallonie-Bruxelles restent "les grands oubliés du pacte".

En conclusion, la CGSP-Enseignement annonce qu'elle continuera à participer aux "travaux en front commun syndical afin que le processus d'opérationnalisation des réformes envisagées tienne compte des appréhensions, des inquiétudes et des obstacles relevés par les enseignants".

Cette position de la CGSP-Enseignement intervient après les feux verts des syndicats libéraux vendredi.

Le SEL-SETCa poursuivra les travaux du groupe central de manière "offensive"

Le syndicat socialiste pour l'enseignement libre (SEL-SETCa) a accepté qu'un de ses représentants continue à participer au groupe central du Pacte pour un enseignement d'excellence qui, après avoir a adopté début mars une version amendée de ses conclusions, va à présent plancher sur la mise en œuvre effective des réformes.

"L'organisation syndicale entend y adopter une position offensive et veillera à combattre toutes les mesures qui détérioreraient le statut et les conditions de travail des membres du personnel", avertit le SEL-SETCa dans un communiqué.

Les aménagements apportés au texte de l'avis n°3 restent à ce stade "insuffisants pour offrir toutes les garanties demandées et qu'il conviendra de les améliorer lors des négociations futures", juge en effet le syndicat.

Celui-ci ajoute d'ailleurs vouloir préserver dans les négociations qui viennent sa "liberté de négociation". Pour ce faire, il fixera lui-même les limites à la notion du "respect des équilibres" dont il est question dans le texte de base.

"Il serait en effet inacceptable qu'à l'occasion de chaque critique, il soit reproché à son auteur que celle-ci remet en cause les « équilibres » du Pacte", commente le syndicat socialiste.

Toujours inquiète, la CSC-Enseignement accepte néanmoins de poursuivre les discussions

Les instances de la CSC-Enseignement se sont dit prêtes lundi soir à poursuivre les négociations autour du Pacte pour en enseignement d'excellence, tout en restant très critique envers le plan de réforme.

"La plupart des inquiétudes, des doutes, des oppositions, exprimés suite à la diffusion (en décembre dernier, ndlr) de l'avis 3 du Pacte et notre position de fond demeurent. A ce stade, il n'y a toujours pas de confiance et d'adhésion suffisantes aux réformes envisagées", indique le syndicat dans un communiqué.

Mais après les engagements reçus du gouvernement début mars en matière du maintien du volume global d'emplois, de financement des réformes, de la charge de travail, etc., le syndicat a néanmoins décidé lundi de poursuivre les négociations sur la mise en œuvre des réformes.

"Le travail est en effet loin d'être terminé. Dans le cadre des négociations, nous veillerons prioritairement à préserver et à concrétiser les acquis de la négociation, à défendre les conditions de travail des personnels, à relayer et à soutenir les positions de nos affiliés, à exiger des textes précis avec des objectifs progressistes et réalistes, à défendre des mesures destinées, à augmenter la mixité sociale et à lutter contre le quasi marché scolaire ainsi qu'à défendre les différents niveaux d'enseignement et leurs spécificités", souligne la CSC-Enseignement.

Cette prise de position du syndicat chrétien boucle les consultations menées ces deux dernières semaines par les différents syndicats enseignants après l'accord, début mars, autour d'une nouvelle mouture des conclusions du Pacte.

Celles-ci peuvent donc être transmises au gouvernement de la Fédération qui devrait évoquer ce sujet lors de sa prochaine réunion de gouvernement, mercredi matin.

Fruit de plus de deux ans de réflexion et négociations entre les différents acteurs de l'enseignement, le Pacte d'excellence vise à rendre l'école francophone plus performante et moins inégalitaire à l'horizon de 2030.

 

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