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Mise au point: les partis unanimes face à Michelle Martin

MISE AU POINT | Mis à jour le dimanche 2 septembre 2012 à 13h22

  • Sa libération a relancé le débat sur la réforme de la Justice. Faut-il renforcer les critères de la libération conditionnelle et instaurer un degré d'appel? Olivier Maroy et Thomas Gadisseux font une "Mise au Point" dans un tout nouveau décor.

    Lançant le débat, Jean-Denis Lejeune dit qu’après17 ans, il ressent toujours la même incompréhension et la même recherche de la vérité. "J’ai une colère énorme, mais interne. Parfois j’ai envie de hurler, mais je me contrôle ". Pour le père de Julie, la libération n’est pas un dysfonctionnement de la justice: "c’est le fonctionnement de la justice qui a permis à Michelle Martin de passer à travers les mailles du filet ".

    La loi de 2006 a supprimé des verrous

    Alex Delvaux, président du Tribunal d'Application des Peines de Bruxelles (TAP), veut toutefois rappeler que la décision de libération est parfaitement légale et met en pratique la dernière loi de 2006 qui, selon lui, a supprimé des verrous de procédure. "En cas de peine de 10 ans, la libération conditionnelle n’était possible qu’à l’unanimité des juges. Aujourd’hui la majorité suffit. Le deuxième aspect de cette loi est que, si le tribunal constate que le risque de récidive est modéré, la libération conditionnelle est possible. Enfin, dès que le tiers de la peine est atteint, on ne peut plus discuter de l’opportunité de la conditionnelle. Le choix des magistrats est donc réduit ". Et le magistrat de conclure qu’en votant la loi de 2006 on permettait à toute personne, comme Michelle Martin, de sortir après 10 ans sans plus tenir compte de la gravité des faits

    Evoquant la même loi de 2006, Georges-Henri Beauthier, avocat de Laetitia Delhez et de Jean-Denis Lejeune, constate que le législateur a cru bien faire… " Mais on a oublié certains choses. Lors d’un procès, la partie civile peut participer au jugement, mais dès qu’il est question de libération conditionnelle, les victimes n’existent plus ". Et pour l’avocat, les conditions de libération n’étaient pas réunies. " Madame Martin n’a pas commencé à indemniser les parties civiles, elle ne sera pas encadrée par la communauté religieuse qui l’accueille. L’absence de débat contradictoire lui a permis de manipuler le tribunal d’application des peines ".

    Michelle Martin est-elle encore dangereuse?

    Pour Jean-Denis Lejeune, la dangerosité de Michelle Martin est évidente: " Elle a enlevé cinq enfants, elle filmait les viols de son mari, a repeint la cache de Marcinelle et est responsable de la séquestration de quatre personnes au moins… Pour moi c’est elle qui est responsable - d’après ce que l’on sait-  de la mort des petites en les privant de nourriture ". Georges-Henri Beauthier ajoute que les victimes voudraient savoir si Michelle Martin a changé et que dans la situation actuelle,  "nous sommes incapables de le savoir ".

    La position des partis 

    Charles Michel se dit choqué par le système politique qui a conduit à cette situation. "Depuis 20 ans mon parti demande de durcir les conditions de libération conditionnelle". Le président du MR se dit favorable aux peines incompressibles et à une meilleure écoute des victimes. Karine Lalieux, députée PS, croit dans des mesures de sûreté plus longues, mais regrette la polémique qui pourrit le débat. " Aucune loi n’aurait pu changer la situation actuelle car aucune loi n’est rétroactive ". Une vérité difficile à entendre par le public, mais répétée par tous les participants.

    Christian Brotcorne, député CDH, rappelle ainsi qu’on ne peut pas reprocher au tribunal d’avoir appliqué la loi, alors même que les magistrats avaient mis le monde politique en garde. " Le CDH est pour les peines de sûreté et j’insiste sur ce mot. Le public accepterait mieux les décisions judiciaires s’il y avait une double juridiction (1ère instance et Appel) pour les décisions de libération conditionnelle".

    L'écolo Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen, rappelle qu’aucun parti ne demande  que les familles soient partie prenante à la décision de libération.  

    Les Clarisses ont-elle fait le bon choix ?

    Isabelle Durant est la première à "saluer les clarisses qui ont pris une décision courageuse ".  Une position très différence de celle de J-M Lejeune qui reconnaît avoir un " gros problème avec la position de l’Eglise qui vit avec des pédophiles et maintenant protège une personne qui vivait avec un pédophile. Je ne me sens pas concerné par la notion de Pardon, mais la décision des Clarisses me reste dans la gorge".

    Eric de Beukelaer, doyen de Liège rive gauche précise que les Evêques de Belgique soutiennent la décision des Clarisses, mais rappellent qu’ils sont du côté des victimes. " Quels que soient les faits innommables d'un individu,  la  mort civile n’existe plus, dit la loi. Il faut bien que quelqu’un accueille les pires criminels. On peut accueillir la femme la plus détestée de Belgique ".

    Les leçons à tirer

    Si tous les partis se disent favorables à une modification de la loi, les voies envisagées divergent. Le MR veut que l’on précise la durée de la peine minimum. Le PS veut durcir les conditions de sortie et renforcer la notion de récidive, mais voit dans les peines incompressibles un risque de créer des bombes humaines au sein des prisons sans espoir de réinsertion. Le CDH pense que le juge devrait pouvoir fixer, lors de la condamnation, une date avant laquelle la libération conditionnelle ne pourrait pas être demandée. Comme si tous les partis partageaient une opinion commune, mais en l’exprimant avec des mots différents.

    Jean-Claude Verset

     

    Olivier Maroy et Thomas Gadisseux recevait aujourd'hui: Jean-Denis Lejeune, père de Julie, Georges-Henri Beauthier, avocat de Laetitia Delhez et de Jean-Denis Lejeune, Alex Delvaux, président du Tribunal d'Appplication des Peines de Bruxelles, Eric de Beukelaer, doyen de Liège rive gauche, Jean-Marc Mahy, ex détenu et écrivain, Charles Michel, président du MR, Isabelle Durant, vixce-présidente du Parlement européen - Ecolo, Karine Lalieux, députée PS, Christian Brotcorne, député CDH.

    Derniers commentaires

    • de nathalie de Nathalie Ou est le droit s'il n'y a pas de justice sur le fond? Uniquement des bla-blas de forme...Comment une femme pareille peut-elle etre liberee par la justice belge? Comment la societe et les responsables politiques qui la gerent peuvent-ils accepter une telle injustice ? Il faudrait reinserer la peine de mort pour ces cas exceptionnels mais c'est sans doute impossible avec le Convention europeenne des droits de l'homme Donc une detention a perpetuite, une peine incompressible au moins. . Torturer et tuer des enfants est inacceptable et cette femme cruelle va recidiver. Pour le jugement d'un proces , cela dure des mois... et puis quelques annees apres, le tribunal d'application des peines, (cad 3 personnes uniquement) peut decider ce qu'il veux, sans consulter les victimes ni qui que ce soit... et leur decision est sans appel!!!! Quelle injustice encore... Quel est ce plein pouvoir de ces 3 personnes???

      03-09-2012 19:00 | Répondre

    • de oscarhermes Il est malheureux de constater que les députés on banalisé le crime en ne tenant pas compte de la gravité. Le PS semble avoir peur que le délinquant devienne plus violent, donc plus il est violent, plus il obtient, d'où faisons payer les gens honnêtes pour soigner les voyous, plus on est violent plus on a de droits. Un autre constat est que le jeu que joue le criminel a plus d'impact que le crime qu'il a commit , on confond parole et actes. Le remord sincère se traduit par des actes et pas par des comédies et des paroles. Or dans ce cas à part des slogans, des hyopothèses il n'y a rien de concret envers les victimes, pire même le détournement des indemnités n'est même pas pris en compte ni du travail pour l'intérêt général. On offre le gîte et le couvert sans compensation, mieux que pour quelqu'un qui gagne sa vie honnêtement. Jugeons sur des actes et pas sur des paroles, car les victimes elles n'ont pas eu droit à la parole.

      03-09-2012 10:06 | Répondre

    • de Jacqueline Bravo a Isabelle Durant d'avoir reconnu les courage des soeurs Clarisses d'accueillir Michele Martin Apres tout c'est une femme qui a pu changer en 16 ans Au lieu de construire des prisons il faut reconstruire des hommes et des femmes Voir les prisons en Suede et le faible taux de résidivise

      03-09-2012 10:02 | Répondre

    • de Benna Si elle a changé (?) elle pourrait aussi prendre le voile ... Alors (peut-être) je commencerai à me poser des questions sur sa sincérité ... (Je peux rêver, non ?)

      15-09-2012 10:50 | Répondre

    • de oscarhermes Ce que l'on remarque c'est que plus personne n'a un avis clair vis à vis de crime particulièrement odieux. On dirait que c'est des coupables que l'on attend la réponse. Quand à la dangerosité fututre c'est noyer la réponse d'avance car le future nul ne le connait. On ne parvient même plus a distinguer les faits des paroles, quelque soit le crime, c'est celui qui joue le mieux le rôle que les média espèrent qui a droit au plus d'indulgence. C'est lamentable, la justice est devenue un jeu. Le remord authentique se prouve par des actes pas des paroles qui ne sont que de la rhétorique Donc des peines proportionnelles aux délits et des remises de peine en fonction des dédommagements réels

      03-09-2012 09:44 | Répondre

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    • Mise au point du 02/09/2012

      L'émission d'actualité politique qui vous informe chaque dimanche s'habille de neuf pour la rentrée. Olivier Maroy et Thomas Gadisseux vous donnent rendez-vous dans un nouveau studio qui offrira à l'émission une mise en scène originale avec un double plateau, un nouveau décor tout en écrans ainsi que des possibilités technologiques innovantes. Le rendez-vous politique du dimanche midi continuera à se décliner en trois volets : - A 11h30, dans Revu et Corrigé, Pierre Kroll, entouré de deux complices, décrypte l'actualité avec humour et sans tabou. - Vers 11h50, dans L'Indiscret, Thomas Gadisseux retrouve son invité pour une interview de 10 minutes les yeux dans les yeux. - A midi, dans Mise au Point, Olivier Maroy et Thomas Gadisseux animent les échanges du débat. Qu'il soit politique ou sociétal, le débat apporte un éclairage sur une question chaude qui a marqué l'actualité de la semaine. A noter également : l'émission est rediffusée en soirée à 21h00 sur La Trois.

    • L'été des politiques -

      Petite séquence de Kevin Dero et Manuel Haas.

    • Séquence de Kevin Dero - MAP 02/09

      Séquence de Kevin Dero, Manuel Haas et Michel Hanquet. Thème du débat: ""Michelle Martin, une libération qui divise"

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    • de nathalie de Nathalie Ou est le droit s'il n'y a pas de justice sur le fond? Uniquement des bla-blas de forme...Comment une femme pareille peut-elle etre liberee par la justice belge? Comment la societe et les responsables politiques qui la gerent peuvent-ils accepter une telle injustice ? Il faudrait reinserer la peine de mort pour ces cas exceptionnels mais c'est sans doute impossible avec le Convention europeenne des droits de l'homme Donc une detention a perpetuite, une peine incompressible au moins. . Torturer et tuer des enfants est inacceptable et cette femme cruelle va recidiver. Pour le jugement d'un proces , cela dure des mois... et puis quelques annees apres, le tribunal d'application des peines, (cad 3 personnes uniquement) peut decider ce qu'il veux, sans consulter les victimes ni qui que ce soit... et leur decision est sans appel!!!! Quelle injustice encore... Quel est ce plein pouvoir de ces 3 personnes???

      03-09-2012 19:00 | Répondre

    • de oscarhermes Il est malheureux de constater que les députés on banalisé le crime en ne tenant pas compte de la gravité. Le PS semble avoir peur que le délinquant devienne plus violent, donc plus il est violent, plus il obtient, d'où faisons payer les gens honnêtes pour soigner les voyous, plus on est violent plus on a de droits. Un autre constat est que le jeu que joue le criminel a plus d'impact que le crime qu'il a commit , on confond parole et actes. Le remord sincère se traduit par des actes et pas par des comédies et des paroles. Or dans ce cas à part des slogans, des hyopothèses il n'y a rien de concret envers les victimes, pire même le détournement des indemnités n'est même pas pris en compte ni du travail pour l'intérêt général. On offre le gîte et le couvert sans compensation, mieux que pour quelqu'un qui gagne sa vie honnêtement. Jugeons sur des actes et pas sur des paroles, car les victimes elles n'ont pas eu droit à la parole.

      03-09-2012 10:06 | Répondre

    • de Jacqueline Bravo a Isabelle Durant d'avoir reconnu les courage des soeurs Clarisses d'accueillir Michele Martin Apres tout c'est une femme qui a pu changer en 16 ans Au lieu de construire des prisons il faut reconstruire des hommes et des femmes Voir les prisons en Suede et le faible taux de résidivise

      03-09-2012 10:02 | Répondre

    • de Benna Si elle a changé (?) elle pourrait aussi prendre le voile ... Alors (peut-être) je commencerai à me poser des questions sur sa sincérité ... (Je peux rêver, non ?)

      15-09-2012 10:50 | Répondre

    • de oscarhermes Ce que l'on remarque c'est que plus personne n'a un avis clair vis à vis de crime particulièrement odieux. On dirait que c'est des coupables que l'on attend la réponse. Quand à la dangerosité fututre c'est noyer la réponse d'avance car le future nul ne le connait. On ne parvient même plus a distinguer les faits des paroles, quelque soit le crime, c'est celui qui joue le mieux le rôle que les média espèrent qui a droit au plus d'indulgence. C'est lamentable, la justice est devenue un jeu. Le remord authentique se prouve par des actes pas des paroles qui ne sont que de la rhétorique Donc des peines proportionnelles aux délits et des remises de peine en fonction des dédommagements réels

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