Marie-Christine Marghem: "La facture d'électricité n'augmentera pas de manière exagérée"

Dans le contexte de l'accord de Paris sur le climat, entré en vigueur fin 2016, la Belgique est appelée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80 à 95% d'ici 2050 par rapport au niveau de 1990. La ministre fédérale de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) rencontre ce lundi ses homologues des Régions en charge de l’Énergie, pour la mise en place d'un pacte énergétique national. Interrogée par la RTBF, la ministre rappelle que, selon la loi, la Belgique sortira du nucléaire en 2025, et que les énergies renouvelables telles que le solaire et l'éolien sont intermittentes. "Les 6000 mégawatts de nucléaire qui sortiraient entre 2022 et 2025 doivent être remplacés" selon elle.

Comment assurer l'indépendance énergétique de la Belgique? "L'interconnexion avec les pays voisins nous permet d'avoir de l'électricité quand ils en ont trop", ce qui n'est pas toujours le cas. Il faut remplacer les unités de production sortantes par d'autres unités. Or les opérateurs ont fermé ou sont en train de désactiver un certain nombre de centrales au gaz, "parce que le gaz est plus cher que l'électricité, donc leurs unités ne sont pas rentables. Donc nous avons prévu de réfléchir à un mécanisme de soutien de ces capacités que nous devrons utiliser dans quelques années".

Slogans

Selon Marie-Christine Marghem, de la même manière que le Fédéral essaie "d'avoir des unités flexibles au niveau central, les Régions doivent avoir plus de flexibilité grâce à la décentralisation et à un travail sur les réseaux".

La ministre se montre confiante en ce qui concerne le futur et la possibilité d'arriver à un accord. "Mais imaginer 100% de renouvelable en lançant des slogans, par exemple sur 2050 ou 2100, ce n'est pas aujourd'hui qu'on peut le faire concrètement".

"L'énergie fossile est encore abondante et la tentation est grande d'utiliser cette abondance. Donc il faut changer le comportement pour que cette énergie reste dans le sol, ce qui n'est pas simple dans ce système économique et géopolitique, et que l'on utilise d'autres moyens pour se déplacer, pour se chauffer et pour travailler" poursuit-elle.

Taxe carbone

Y aura-t-il une "taxe carbone"? "La valorisation du coût des émissions de gaz à effet de serre ne sera pas nécessairement une taxe, cela peut être aussi un tax-shift (glissement fiscal), c'est-à-dire diminuer les charges sur le travail et orienter la fiscalité contre les énergies polluantes pour favoriser le changement de comportement et l'utilisation de modes de déplacements plus propres. Le prix de l'énergie ne devrait pas dépasser un montant décent pour l'utilisation que l'on en fait" selon Marie-Christine Marghem. "La technologie permet un processus d'industrialisation qui fait diminuer les prix et qui devrait normalement nous amener une électricité moins chère, donc globalement d'essayer de faire en sorte que la facture d'électricité n'augmente pas de manière exagérée".

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