Succès de foule pour la manifestation contre la réforme des pensions

5000 manifestants en front commun contre le plan pensions du gouvernement
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5000 manifestants en front commun contre le plan pensions du gouvernement - © BRUNO FAHY - BELGA

Les syndicats attendaient 3000 personnes. Ce sont finalement quelque 5000 militants syndicaux, selon les chiffres de la police, qui ont manifesté lundi à Bruxelles en fin de matinée leur opposition au relèvement de l'âge de la pension, mesure du gouvernement Michel. Le rassemblement a eu lieu sur l'Esplanade de l'Europe, face à la Tour des Pensions, devant laquelle un podium avait été installé. Une manifestation qui s'inscrit aussi dans un programme d'action plus large des syndicats.

L'action était menée en front commun syndical. Différents représentants syndicaux ont pris la parole et souligné l'importance de montrer au gouvernement qu'ils restaient mobilisés face à la réforme des pensions.

Pour Marc Goblet: "Nos avis ne sont pas entendus"

Le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet a indiqué qu'il demandait au gouvernement une réelle concertation dans le cadre de la réforme des pensions, et "non, une commission où nos avis ne sont pas entendus". Les syndicats estiment que le relèvement de l'âge de la pension n'apporte aucune solution quant au financement des futures retraites et que le réel problème réside dans le manque d'emplois. Marc Goblet considère que le gouvernement tient compte juste de la problématique des employeurs, et non celle des travailleurs.

Une revalorisation des pensions les plus faibles obligatoire pour la CSC

La secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, dit aussi refuser de faire payer la facture de la réforme des pensions aux seuls travailleurs. "Le relèvement de l'âge de la pension est inacceptable, surtout qu'il s'accompagne d'autres mesures touchant spécifiquement le secteur public", estime-t-elle. Marie-Hélène Ska demande au gouvernement de rediscuter de la réforme des pensions, non sur les modalités mais sur le fond, réclamant notamment une revalorisation des pensions les plus faibles. "Nous continuons à dire au gouvernement qu'il prend des mesures contre la population et que celle-ci ne les acceptera pas", met-elle en garde.

Au nom des jeunes aussi

"Le gouvernement Michel est un gouvernement anti-jeunes", a déclaré pour sa part Pierre Ledecq, au nom des Jeunes CSC. Il a épinglé diverses mesures prises par le gouvernement actuel mais aussi sous le précédent gouvernement Di Rupo, qui ont touché les jeunes travailleurs, demandeurs d'emploi ou étudiants. Ainsi, "40% des jeunes qui pouvaient prétendre aux allocations d'insertion en seront privés", a-t-il souligné.

En matière de financement des pensions, Pierre Ledecq a estimé que le relèvement de l'âge de la retraite était une "absurdité", préconisant plutôt de "proposer des emplois aux jeunes qui en sont privés". "Il faut réduire collectivement le temps de travail et aider les jeunes à accéder à l'emploi", estime-t-il, regrettant au passage la réduction des charges sociales, "un cadeau aux employeurs", qui ne créera pas d'emplois, selon lui.

Des actions ciblées

Essoufflement de la contestation pour les uns, poursuite d'une mobilisation différente pour les autres: quoi qu'il en soit, le front commun FGTB, CSC, CGSLB a renoncé à la grève générale qu'une partie des militants syndicaux demandait d'organiser avant les vacances, pour y préférer des actions thématiques.

Le 12 mai, c'était pour les jeunes, le 4 juin contre les mesures qui touchent spécifiquement les femmes. Ce lundi, elle vise les pensions. Notamment, le report de l'âge légal de la retraite à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030, mais aussi les conséquences sur le montant des pensions.

Baguette magique

L'UNSP (l'Union Nationale des Services Publics) du secteur Finances se joint à la concentration de ce lundi, explique son président Aubry Mairiaux : "Nous aurons une pension qui pourra être jusque 20% inférieure à ce nous obtenons maintenant. Alors venir dire qu’il n’y aura pas de diminution, il faudra que le ministre m’explique comment il va faire cela par un coup de baguette magique. Il n’y a pas véritablement de dialogue social. Et nous voulons faire en sorte que ce gouvernement fasse marche arrière".

La manifestation de ce lundi ne tombe pas par hasard. Dans quelques jours, le 26 juin, le Comité national des pensions, qui doit mettre en œuvre (et donc aussi négocier avec les interlocuteurs sociaux) la réforme décidée par le gouvernement entamera ses travaux.

RTBF avec Belga

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