Les "contrôles au faciès" en hausse depuis les attentats du 22 mars, rapporte la LDH

Illustration: les "contrôles" au faciès en hausse depuis les attentats du 22 mars, rapporte la LDH
Illustration: les "contrôles" au faciès en hausse depuis les attentats du 22 mars, rapporte la LDH - © DIRK WAEM - BELGA

A quelques jours du 22 mars, soit un an après les attentats de Bruxelles, un rapport de la Ligue des Droits de l'Homme révèle un "profilage ethnique" pratiqué par les forces de l'ordre. Un phénomène en hausse depuis les attentats.

Parce que les attentats de Bruxelles ont été de pair avec une hausse des contrôles, dit la Ligue des Droits de l'Homme.
Et pas n'importe lesquels: ceux qui visent des personnes identifiables ethniquement.
La Ligue publie un rapport sur le sujet que La Libre Belgique a pu se procurer.

L'ONG s'est placée du point de vue de ceux qui subissent ces contrôles au faciès. Et premier constat : il existe très peu de données sur le sujet. Aucun organe officiel ne produit de chiffres.

Les Nord-Africains contrôlés deux fois plus que les autres

Difficile dès lors d'évaluer sérieusement le problème et de se forger une opinion. Cela dit, une tendance se dégage quand-même.
Les nord-Africains sont contrôlés deux fois plus souvent plus que les autres.
Parmi eux, les hommes ont l'encombrante "palme" du contrôle. Une "super palme" même, si cet homme nord-africain est jeune et qu'il porte training et casquette. Les clichés ont la vie dure.

Autre constat: les victimes de profilage ethnique connaissent mal les instances auprès desquels elles peuvent porter plainte en cas d'abus. Et la conclusion de la Ligue est simple. Pour lutter contre ces pratiques, il faut bien les connaître.

Il faut donc financer des recherches sur le sujet. Et procéder à un enregistrement systématique des contrôles d'identité.

Les personnes estimant être victimes de "profilage ethnique" de la part des forces de police en intervention, hésitent souvent à porter plainte, rapportent La Libre Belgique et La Dernière Heure lundi sur base d'une enquête de La Ligue des droits de l'homme.

Amalgame entre profil ethnique et religion

Pour les personnes interrogées par la Ligue des droits de l'homme, un amalgame est souvent fait entre l'appartenance à une religion et une ethnie. Si elles l'affirment, c'est en raison des propos tenus par certains policiers lors des contrôles.

Ces personnes qui ont l'impression d'être victimes de "profilage ethnique", hésitent souvent à porter plainte, jugeant la démarche inutile. Ceux qui le font et décident de s'adresser à la justice, constatent que de nombreux obstacles se dressent devant eux.

Le premier, relève la Ligue, vient du refus de certains policiers d'acter leur plainte ou bien du fait qu'une plainte pour mauvais traitement à motivation raciste est souvent suivie d'un procès verbal pour rébellion. Il est en outre difficile de présenter la preuve de l'existence d'une discrimination.

La justice, est perçue comme lente et coûteuse pour le type de population souvent concerné par le profilage ethnique.

Enfin, certains jeunes, qui se font contrôler de façon arbitraire à leurs yeux, ne sont pas forcément disposés à rapporter les faits à un adulte.

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