Le trafic d'or pour blanchir de l'argent, un commerce juteux

Des lingots d'or
Des lingots d'or - © ANDREAS SOLARO (AFP)
Rédaction RTBF

Blanchir de l'argent grâce au trafic d'or, c'est possible en Belgique, grâce à une faille dans la législation. La justice anversoise enquêterait en ce moment sur l'un des plus gros négociants d'or au monde, à Anvers. C'est ce que croit savoir le journal "De Tijd". Ce négociant, qui avait 1,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, aurait permis à des criminels de blanchir de l'or. Alors quelle est cette faille dans nos lois qui rend cela possible?

Pour blanchir de l'or accumulé illégalement, un criminel peut, par exemple, échanger son or chez un négociant contre de l'argent liquide. Et la loi ne fixe pas de maximum à payer en cash. Voilà une première faille qui facilite le trafic d'or.

Le négociant réintroduira les lingots illégaux dans le circuit économique officiel. On les retrouvera même parfois à la Banque nationale. Si cette transaction qu'il vient d'effectuer lui paraît suspecte, le négociant en or n'est pas obligé de la dénoncer à la cellule anti-blanchiment. Voilà donc la deuxième lacune de notre loi qui ne répond pas, du coup, à la directive européenne sur le sujet.

François Parisis, juriste à la banque d'affaires privée Puilaetco Dewaay : "La directive européenne précise que tous les marchands de biens sont considérés comme des déclarants potentiels pour la loi anti-blanchiment. Néanmoins, la Belgique, lorsqu’elle a défini la liste des professions visées, n’a pas repris les marchands d’or mais bien les marchands de diamants. Mais, curieusement, on n’en a pas profité pour rajouter dans la liste les marchands d’or."

Si la justice peut infliger des amendes administratives salées à des diamantaires, par exemple, pour ne pas avoir signalé une transaction douteuse, elle est impuissante quand il s'agit de marchands d'or. C'est donc toute une série de possibilités d'enquêter qui échappent à la justice.

Odile Leherte


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