Le scandale Publifin: "Gagner un million d'euros et chanter l'Internationale?"

Le scandale Publifin: "Gagner un millions d'euros et chanter l'Internationale?"
Le scandale Publifin: "Gagner un millions d'euros et chanter l'Internationale?" - © Tous droits réservés

Commission Publifin: plusieurs audiences marathon et, pour l’instant, le sentiment, pour beaucoup de ne pas en savoir davantage. André Gilles crée le sentiment de donner des réponses floues, tandis que la tactique des slides présentées par Stéphane Moreau en énerve certains. Mais pour l’instant, toujours aucune preuve d’illégalité dans le système Publifin. Et si le scandale était moral et éthique, plutôt que financier?

Dimitri Legasse, député PS reconnaît à Stéphane Moreau, patron de Nethys, une clarté que ne peut revendiquer André Gilles, président de Publifin. Mais pas question d’envenimer le débat: "La commission d’enquête ne montre pas d’illégalité pour l’instant, on a de nombreux mois devant nous." 

Une culture politique qui permet "des arrangements entre amis"

Patrick Dupriez, co-président du parti Ecolo, soulève la question qui a le plus révulsé la population: la hauteur des salaires. "Ce sont des hommes qui travaillent pour des services publics et qui, en plus, vont chanter l’Internationale. C’est indécent. Comment accepter qu’ils gagnent 300 000, 400 000 ou 900 000 euros alors que la plupart des gens ont un salaire inférieur à 1800 euros ?" Faute d’une éventuelle illégalité du fonctionnement de Publifin, la faute en revient, pour le moins, à une culture politique, estime Patrick Dupriez qui veut que l’on puisse établir la raison de l’opacité dans la fixation des salaires des managers. "Cela permet des arrangements entre amis et c’est inacceptable."

Stéphane Moreau et le socialisme

Pour le socialiste Dimitri Legasse, pas question, pour qui que ce soit, de se présenter en chevalier blanc: "Tous les partis étaient au courant pour Publifin et les comités de secteurs. C’est pour l’assiduité des présences et les montants astronomiques qu’il faut creuser." Mais il ajoute aussitôt que Stéphane Moreau ne peut revendiquer son socialismes et assumer une direction d’entreprise telle que celle-là. " il y a encore des dérive, il faut aller plus loin.

Quelles solutions pour l’avenir?

La solution se cache, pour Patrick Dupriez, dans la reprise de la tutelle sur toutes les intercommunales. "Et on ne l’a pas fait". Ce qui, selon lui pose le problème du contrôle par les élus: "En dehors du scandale, les services publics doivent être contrôlés par les élus et certaines le font. On doit leur permettre de travailler et c’était impossible avec Publifin."

Pour le coprésident écolo, toute la difficulté vient de l’absence de vraies réponses aux questions. "Ils n’ont pas menti devant la commission, mais devant ceux qui étaient chargés de les contrôler. Si on ne nous donne pas l’info, on nous enfume...La justice doit faire son travail, mais on ne doit pas attendre la justice pour agir. L’élu du peuple doit pouvoir contrôler."

Dimitri Legasse embraye en affirmant que les mandataires communaux doivent être mieux informés et mieux formés : "Il faut du contrôle interne, externe, du contrôle tutélaire et du contrôle des mandataires. Un conseiller communal a rarement les capacités et le temps d’effectuer ce contrôle."

Pour Patrick Dupriez, la chasse aux parvenus, annoncée il y a 11 ans, n'a pas encore commencé.  

 

 

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