Laurette Onkelinx: "Le racisme est une fabrique de violents et de terroristes"

Deux jours avant le premier anniversaire des attentats de Bruxelles, Laurette Onkelinx revient au micro de La Première sur les efforts qui sont encore à fournir pour éviter qu'une situation similaire ne se reproduise. 

Certains membres du gouvernement participent à la polarisation de la société

Membre de la commission parlementaire "attentats terroristes", la cheffe du groupe PS à la Chambre considère qu'il faut travailler sur deux choses: la sécurité et la lutte contre le racisme. Le problème, assure-t-elle, c'est que certains membres gouvernement participent "à la polarisation de la société" qui nourrit le radicalisme. 

Pour Laurette Onkelinx, lutter contre le terrorisme c'est tout d'abord lutter contre le racisme. Car l'acte djihadiste, dit-elle, se nourrit de l'acte raciste. "La parole raciste contribue à faciliter le travail des recruteurs", assure-t-elle, le "racisme est une fabrique de violents et de terroristes."

Pourtant, s'alarme Laurette Onkelinx, on "on le voit notamment dans les réseaux sociaux, il y a énormément de paroles nauséabondes [racistes]".  Pour la députée PS, il ne s'agit pas d'être "naïf. Il faut prendre des mesures de sécurité" mais aussi il faut aussi "s'investir personnellement pour le vivre-ensemble, l'intégration des uns et des autres. La polarisation et les discriminations facilitent le travail des recruteurs". 

Pourtant, relève Laurette Onkelinx, "la parole de quelqu'un comme Theo Francken participe à cette polarisation. La population doit se rendre compte que polariser, c'est participer à la violence dans la société." Si le gouvernement a fait des efforts en matière de sécurité, concède-t-elle, il faut "aller encore plus loin" et surtout, "travailler pour le vivre ensemble". 

Il y a des responsabilités individuelles

Y a-t-il eu des failles dans la sécurité? Oui. "Il y avait des responsabilités individuelles de personnes qui - en même temps - ont eu un rôle majeur pour éviter d'autres attentats. Il est clair que le filet de protection n'était pas assez serré. Il faut réviser notre système de sécurité sans tout jeter à la poubelle."

Finalement, résume Laurette Onkelinx, "je pense que Vincent de Coorebyter a raison quand il dit 'Nous vivons comme avant mais nous ne pensons pas comme avant'".

C'est une grande farce, ce n'est pas acceptable

La cheffe du groupe PS à la chambre est également revenue sur le contrôle budgétaire annoncé par le gouvernement ce week-end. Un contrôle apparemment sans douleur, puisque sans nouvelle taxe, sans nouvelle dépense et avec un effort de 900 millions d'euros. Mais Laurette Onkelinx, tout comme Elio Di Rupo, est (très) sceptique: "C'est une grande farce, ce n'est pas acceptable".

Elle développe: "Le comité de monitoring - les experts qui refont tous les comptes - dit au gouvernement qu'il a un problème d'un milliard. Puis on sort de là et on nous dit que le comité n'a pas pris en compte telle ou telle chose. Ce n'est pas possible, je n'ai jamais vu ça".

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