La fiscalité met de l'eau dans le gaz du Gouvernement wallon

Le climat au Gouvernement wallon semble osciller entre semi-cordialité et demi-irritation
Le climat au Gouvernement wallon semble osciller entre semi-cordialité et demi-irritation - © BRUNO FAHY - BELGA

Le 26 janvier dernier, les déclarations du ministre wallon du Budget ont déclenché une onde de réactions. Le socialiste Christophe Lacroix évoquait l’idée d’imposer d’avantage les revenus de plus de 120 000 euros par an.

Immédiatement, le vice-président du gouvernement wallon, le cdH Maxime Prévot, pulvérisait l’idée de son collègue: inefficace, disait-il. Et il précisait: ce sera non!

Cette algarade serait-elle le signe que le climat s’est détérioré au sein du Gouvernement wallon? Le Ministre-Président Paul Magnette, interrogé par les députés de l’opposition, n’a pas vraiment calmé le jeu ce lundi.

Discret coup de genou

On ne s’attendait pas à ce que, sur l’idée de revoir la politique fiscale wallonne, Paul Magnette renie l’initiative de son collègue ministre PS, Christophe Lacroix. Mais tout de même qu’il apaise le climat, au moins en face de l’opposition.

Et dans un premier temps, c’est ce qu’il a fait. Il a appuyé l’idée que le débat peut être public, que chacun a le droit de s’exprimer, de tâter l'opinion publique. Il a même appelé le Grand Timonier à la rescousse en citant poétiquement Mao Zedong: "Il faut d’abord que cent fleurs éclosent"...

Mais il n’en a pas moins taclé le partenaire cdH. Les propositions de Maxime Prévot – aussi – devront être examinées, dit-il. Quand bien même celui-ci a avancé publiquement ses idées. Exemple: "Aujourd’hui, il n’y a pas de position du Gouvernement wallon sur la réforme des allocations familiales; il n’y a pas encore de position du gouvernement wallon sur le paysage des maisons de repos et des maisons de repos et de soins…" Deux échantillons de propositions directement pêchés dans les compétences du ministre cdH.

La politique des marchandages

Ce qui laisse supposer que le gouvernement, même s’il forme un couple sans doute plus serein que le trio de la législature précédente, n’en est pas moins exposé à des tiraillements idéologiques importants et que les projets qui passent la rampe restent soumis aux petits marchandages quotidiens.

A moins, se demande l’opposition, que tout ceci ne soit que du cirque. Stéphane Hazée, député Ecolo avance une hypothèse: "J’espère que nous ne sommes pas en face d’un mauvais match de catch où PS et cdH jouent chacun leur rôle pour chacun se mettre en avant devant leur électorat. Et au bout du compte, conclut le député, rien n’avance."

Un test au printemps

Le ministre Lacroix dont les déclarations sont à l’origine de ce remue-ménage persiste pourtant. Je ne suis pas que le trésorier du gouvernement, fait-il comprendre. J’ai aussi des idées politiques à faire valoir au travers du budget. "Et je déposerai ma note sur une refonte de la fiscalité wallonne au printemps."

Cet engagement solennel sera donc l’occasion de vérifier la cohésion du gouvernement et de voir au final si, dans cette controverse, un coq PS ou un coq cdH perd sa crête et ses ergots.


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