Karine Lalieux: "Etre belge n'est pas une nationalité au rabais"

Karine Lalieux
Karine Lalieux - Archive RTBF
Rédaction RTBF

La députée socialiste Karine Lalieux souhaite qu'on s'interroge sur les motivations d'une éventuelle demande de naturalisation de Gérard Depardieu. "Ce qui est insupportable c’est l’évasion fiscale, c’est vouloir venir dans un pays pour éviter la solidarité" dit-elle à la RTBF.

Gérard Depardieu a annoncé qu’il voulait rendre son passeport français. Il s’est ensuite informé de la procédure pour obtenir la nationalité belge. Interrogée par Bertrand Henne, Karine Lalieux, membre PS de la commission des naturalisations de la Chambre, souligne que dans la nouvelle procédure d’acquisition de la nationalité qui entre en vigueur le 1er janvier 2013, il y a une "procédure exceptionnelle pour des cas exceptionnels, des mérites exceptionnels en matière sportive ou culturelle. Et il est clair que Gérard Depardieu, qui est un artiste de talent, pourrait entrer dans le cadre de cette procédure. Mais je rappelle que Gérard Depardieu n’a pas rentré de dossier de naturalisation jusqu’à aujourd’hui".

"Il faut évidemment se poser des questions" sur les motifs d’une éventuelle demande de naturalisation de Gérard Depardieu, pour Karine Lalieux : "Etre belge n’est pas une nationalité au rabais. On n’est pas en Belgique pour éviter quelque chose dans un autre pays. J’ai lu la lettre de Gérard Depardieu dans le Journal Du Dimanche et il ne parlait que d’argent. Il ne parlait pas de culture belge ou d’amour pour la Belgique. Il parlait plutôt d’évasion fiscale, d’impôts trop élevés en France. Et pour moi qui suis socialiste, ce qui est insupportable c’est l’évasion fiscale, c’est vouloir venir dans un pays pour éviter la solidarité".

Johnny Hallyday "s'est assis sur son dossier"

Karine Lalieux rappelle le dossier de "Johnny Hallyday, qui avait un papa belge et qui avait, avec raison, évoqué ses origines belges. Mais dans la commission des naturalisations nous doutions tous de la sincérité de sa démarche : veut-il venir en Belgique pour réellement être belge ou pour passer ensuite à Monaco et éviter tout impôt ? Eh bien nous avons eu raison d’ajourner son dossier puisque, quand monsieur Sarkozy est devenu président français, Johnny Hallyday s’est assis sur son dossier et a dit qu’il ne voulait plus devenir belge. Ce n’est pas très sympathique pour les Belges et pour notre pays de se dire qu’on est juste une porte d’entrée pour un régime fiscal particulier".

Karine Lalieux poursuit: "En Belgique, nous n'avons pas l'impôt sur la grande fortune, on n'a pas de ISF, mais il y a d'autres régimes fiscaux peut-être plus intéressants pour Gérard Depardieu : je pense aux donations, aux droits de succession ou aux plus-values sur des actions qui sont très peu taxées en Belgique. C'est pour ça que nous les socialistes, nous revendiquons un rééquilibre entre la fiscalité sur les revenus du travail, qui est trop élevée en Belgique, et la fiscalité sur les revenus du capital, qui est bien trop faible en Belgique. On essaie d'y arriver au sein d'un gouvernement qui n'y est pas toujours favorable, parce que les libéraux sont loin d'être favorables à ça. Nous voulons rééquilibrer ça pour éviter notamment cette évasion fiscale".

Bea Diallo : "Un peu prématuré"

L'ancien boxeur Bea Diallo, échevin de la commune d'Ixelles et député régional, est candidat déclaré à la présidence du PS bruxellois. Pour Karine Lalieux "c'est un peu prématuré" que des personnes se manifestent  pour la direction du PS bruxellois : "Ce que je revendique aujourd'hui, c'est que tous ces talents, toutes ces personnes qui ont des projets pour Bruxelles, se mettent autour de la table et construisent une nouvelle dynamique dans la prolongation de ce que fait aujourd'hui Charles Picqué. En 2014, nous allons recevoir un paquet de nouvelles compétences, nous devrons créer cette dynamique collective, nous devrons revoir nos relations avec les Wallons, avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au lieu de parler de personnes, je demande à la Fédération bruxelloise aujourd'hui que l’on mette tous ces talents autour de la table (et j'en ferai partie, je l'espère) pour parler de projets. Parce que c'est ça qu'attendent les Bruxellois".

A.L. avec B. Henne


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