Alors que la situation dans les prisons est examinée ce vendredi matin en comité ministériel restreint, Pascal Verhelst, secrétaire permanent du SLFP prison, et Marc Dizier, directeur de la prison de Verviers, ont expliqué leur point de vue sur les ondes de la RTBF.
Le premier pointe la responsabilité des autorités qui ont, "depuis de nombreuses années, laissé à l'abandon l'état des infrastructures".
Aujourd'hui, dit-il, il faut choisir entre "tout fermer, tout cadenasser ou aller vers eux (les détenus, ndlr)" pour essayer de les comprendre et de sentir leur sensibilité car finalement, la majorité de ces personnes sont vouées à être réinsérées dans la société un jour ou l'autre. Or, "mes collègues disent qu'ils n'ont plus le temps d'avoir un dialogue avec les détenus". "Même situation lors de la gestion des mouvements", ils n'ont plus la possibilité d'assurer leur sécurité (des agents, ndlr) ainsi que la sécurité de la population, "que cela soit clair".
Investir dans les prisons est un choix politique
Ce constat est partagé par Marc Dizier. Le directeur de la prison de Verviers "plaide pour le renforcement de la sécurité active". Il faut améliorer la qualité de la relation entre les agents et les détenus, dit-il.
Après, c'est un choix politique mais "il me semble que l'opinion publique veut une justice efficace et rapide". En d'autres termes, "soit on va vers une restriction budgétaire et on est en opposition par rapport à l'opinion publique, ou alors on investit dans la justice et on peut éventuellement atteindre les objectifs réclamés".
Et d'ajouter : "Dans le climat actuel, venir parler de réduction de personnel, c'est nous mettre en grande difficulté".
Que se passera-t-il en cas de grève ?
En attendant, si aucune solution n'est trouvée d'ici dimanche, il y aura grève générale. "Dès dimanche, les membres du personnel auront le droit de sortir", a déclaré le secrétaire permanent du SLFP, le préavis de grève arrivant à échéance.
Qui assurera la surveillance des détenus en cas de grève générale ? La police a déjà annoncé qu'elle ne prendrait pas le relais.
"Je suis délégué syndical et pas l'autorité. C'est à la ministre Turtelboom de trouver des solutions", répond Pascal Verhelst qui finit tout de même par assurer qu'"il y aura quand même un minimum d'agents" pour "une sécurité de base".
Mais pour Marc Dizier, rien n'est moins sûr. "On avisera en fonction des circonstances", dit-il.
Pour lui, il faut d'ailleurs remettre sur la table l'idée d'un service minimum, c'est en tout cas une demande de l'association des directeurs francophones, déclare-t-il.
Une demande que le syndicaliste n'a pas rejetée : "On pourra discuter ce point plus tard mais pas maintenant. Aujourd'hui, il faut remettre en état les établissement car si cela était fait, il n'y aurait pas de raison de faire grève". "Cela fait des années et des années que les syndicats réclament plus de moyens. Aujourd'hui, nous sommes obligés d'arriver à ce point et c'est triste et malheureux".
C. Biourge




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de Anonymous Un seul mot : R E F E R E N D U M !
27-04-2012 11:07 |