Fusillade Musée juif: "Un lieu symbolique touché"

La subsitute et porte-parole Ine Van Wymersch a annoncé une prochaine conférence de presse dimanche à 11 h.
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La subsitute et porte-parole Ine Van Wymersch a annoncé une prochaine conférence de presse dimanche à 11 h. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA
Rédaction RTBF

Après la fusillade qui a fait 3 morts et un blessé grave samedi après midi au Musée juif de Bruxelles, Joëlle Milquet, Elio Di Rupo et Annemie Turtelboom ont tenu une conférence de presse commune depuis les locaux du parquet de Bruxelles. Le parquet a ensuite confirmé qu'une personne avait été interceptée et entendue. Cette personne est passée sous le statut de simple témoin. La piste d'une seconde personne qui se serait enfuie à pied est également suivie.

"C'est un lieu symbolique qui est touché", dit d'emblée le Premier ministre. "Le Gouvernement belge exprime son soutien à la communauté juive de Belgique et aux organisations juives représentatives" dit-il encore. "Notre pays et tous les Belges quelles que soient leur langue, leur origine ou leurs convictions sont unis face à cet acte". "Nous continuons à suivre de très près la situation avec tous les services concernés", souligne encore Elio Di Rupo. Annemie Turtelboom confirme : la police judiciaire de Bruxelles est en charge de l'enquête avec la police zonale. Le Procureur général et le procureur fédéral suivent l'enquête. La Sureté de l'Etat et l'Ocam apportent aussi leur collaboration. Tout est mis en oeuvre pour identifier et arrêter le ou les auteurs aussi vite que possible, affirme encore la ministre libérale. Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur, annonce le placement en sécurité maximale des lieux fréquentés par la communauté juive, mais elle déclare également qu'il n'existe aucune menace pesant sur le pays en général et surtout pas sur les élections. La ministre regrette enfin qu'un lieu culturel qui se voulait ouvert ait été la cible d'un tel acte.

Ine Van Wymersch, porte-parole du parquet a ensuite confirmé que deux hommes et deux femmes avaient été victimes du tireur à l'intérieur du Musée. Deux sont décédées sur place. Une troisième victime est décédée peu après tandis que la personne gravement blessée lutte encore pour sa vie. Trois des victimes ont été formellement identifiées.

Le parquet révèle qu'une personne a été interceptée au volant d'un véhicule correspondant à la description de témoins. Cette personne confirme avoir été présente sur les lieux mais son implication dans les faits n'est pas clairement établie. Plus tard dans la soirée, le parquet annoncera que cet individu n'est plus considéré que comme simple témoin. Le parquet est également à la recherche d'une éventuelle seconde personne, qui pourrait avoir pris la fuite à pieds.

En fin d'après midi, des coups de feu

Il est seize heures. Des coups de feu retentissent dans le quartier du Sablon au centre de Bruxelles. Alertés , plusieurs véhicules du SMUR sont immédiatement dépêchés sur place. Le quartier est bouclé. D'après les témoins, les événements ont eu lieu à l'intérieur et à l'extérieur du Musée juif. Une personne sortant d'une voiture de marque Audi et portant un ou deux sacs à dos aurait ouvert le feu puis serait repartie.

La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, extrêmement émue se rend sur place et confirme le nombre des victimes. Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders est le premier à réagir, sur Twitter, disant "penser aux victimes". Il était à proximité du lieu de l'attentat lorsque celui-ci a été commis et il a lui même appelé les secours en découvrant les corps dans l'entrée du musée.

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur se rend lui aussi très vite sur les lieux. "Les victimes sont deux hommes et une femme, ainsi qu'un homme grièvement blessé qui a été évacué", précise le bourgmestre, qui ne peut dire à ce stade s'il s'agissait de visiteurs ou de membres du personnel du musée. "C'est évidemment extrêmement grave". "La police de Bruxelles est sur une piste sérieuse et va passer la main à la police judiciaire".

Dans le courant de la soirée, le dispositif de sécurité sera progressivement diminué explique encore le bourgmestre, puisque la scène de crime est circonscrite. Le drame se déroule alors que le centre-ville bruxellois est occupé par le Brussels Jazz Marathon. Les spectacles prévus à proximité seront finalement annulés.

Didier Reynders qui se trouvait là par hasard était donc l'un des premiers sur place. "J'ai vu beaucoup de personnes choquées". "J'espère que l'enquête va pouvoir avancer très vite", ajoute-t-il. Il précise que selon les témoignages qu'il a recueillis, une voiture était garée en double file et un homme avec un sac à dos en est descendu avant de rentrer dans le musée et de tirer.

"Il n'y a pas de mot pour qualifier cette horreur", déplore quant à lui le secrétaire d'Etat bruxellois Christos Doulkeridis, également sur les lieux.

Présomption d'acte antisémite

"L'homme aurait tiré assez rapidement, et serait reparti", explique la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet. "C'est une fusillade, un peu au hasard, dans un lieu qui est un musée juif ; tout cela peut donner lieu à des présomptions d'acte antisémite", souligne la ministre. "La police n'est pas inactive" précise-t-elle encore.

Tous les événements liés au monde juif à Bruxelles sont annulés, a également précisé notre journaliste sur place. Des membres de l'OCAM, l'organisme chargé de l'évaluation de la menace sont descendus sur place. Le niveau d'alerte maximale, soit le niveau 4 sur une échelle de 4 a été décrété pour tous les lieux fréquentés par la communauté juive.

 

"Je ne peux pas m'empêcher de penser à l'affaire Merah", déclare Maurice Sosnowski, le président du Centre de coordination des organisations juives de Belgique sur le plateau du JT. Pour lui, trop de "paroles de haine" favorisent le passage à l'acte. Il faut, selon lui, que des mesures soient prises pour empêcher ces propos avant qu'ils se transforment en actes haineux.

 

Un "acte terroriste"

"C'est un acte terroriste, l'assassin est entré délibérément dans un musée juif", a déclaré à l'AFP le président de la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld. "Il a tué trois personnes, en blessé une, une voiture l'attendait à proximité", a ajouté M. Rubinfeld. "Cela devait hélas arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite. C'est le résultat inévitable d'un climat qui distille la haine", a estimé le président de la LBCA.

Un véhicule suspect retrouvé à Jette ?

Un de nos journalistes a pu prendre des clichés d'un véhicule suspect, à Jette. C'est la police d'Ixelles et la police scientifique qui procèdent aux devoirs et qui surveillent le périmètre de sécurité. En début de soirée, la police a confirmé que le véhicule était bien celui qu'occupait la personne entendue comme témoin.

Thomas Nagant


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