Frédéric Daerden: "Si Stéphane Moreau a commis des fautes de gestion, il ne peut plus avoir la confiance"

Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal, député fédéral socialiste et vice-président de la fédération socialiste liégeoise, était l'invité de Matin Première ce vendredi.
Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal, député fédéral socialiste et vice-président de la fédération socialiste liégeoise, était l'invité de Matin Première ce vendredi. - © Tous droits réservés

Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal, député fédéral socialiste et vice-président de la fédération socialiste liégeoise, était l'invité de Matin Première ce vendredi. Il attend l'audition de Stéphane Moreau devant la commission d'enquête Publifin, avant de rencontrer les militants du PS liégeois ce vendredi soir.

"J’attends de la transparence, de clarté, de la sincérité et de l’humilité. Il faut que les commissaires aient réponse à toutes leurs questions et que l’on puisse ainsi avancer", annonce Frédéric Daerden au sujet de l'audition de Stéphane Moreau, administrateur délégué de Nethys, par la commission qui a lieu ce vendredi. 

Jeudi, la présidente de la commission d'enquête a dévoilé l'existence d’un document dans lequel un témoin déclarait qu’André Gilles et Stéphane Moreau s’étaient rendus au siège de Publifin pendant leur congé de maladie pour détruire des documents et en fabriquer d’autres. "Les déclarations anonymes me laissent toujours un petit goût amer, a réagi le vice-président de la fédération liégeoise du PS. Je ne sais pas comment interpréter ces informations mais le fait qu’elles soient anonymes enlève de la crédibilité à celles-ci. Si on sait quelque chose, on le courage de le dire ouvertement". 

Plus observateur qu'acteur

Face à la commission, André Gilles s'est défendu sans vraiment convaincre les commissaires. Après avoir raconté l'histoire de Publifin/Nethys, il a affirmé que ce n’était pas lui qui avait décidé des comités de secteurs, que son salaire était dans la moyenne des dirigeants. "Dans le dossier Publifin/Nethys, j’ai plus été observateur qu’acteur, réagit Frédéric Daerden. Je me rappelle de l’époque de l’ALE et de l'ALG, deux institutions publiques pures, reconnues à Liège avec de nombreux emplois. Et puis, l’évolution des secteurs a nécessité une adaptation du groupe. Est-ce que toutes les adaptations étaient pertinentes et se sont faites avec toute la transparence adéquate et la gouvernance publique nécessaire? J’ai quelques doutes. Mais il ne faut pas tout critiquer, il ne faut pas considérer que ce groupe est un groupe à détruire. [...] Ce qu’il faut, c’est remettre un peu d’ordre, de la transparence dans la gouvernance".

Ecolo demande la tête de Stéphane Moreau qui doit faire un pas de côté chez Nethys, selon les écologistes. Frédéric Daerden estime qu'il faut attendre le renouvellement des membres du conseil d'administration de Publifin prévu à la fin du mois de mars: "Les nouveaux administrateurs auront alors à décider ce qu’ils font dans les structures en aval. J’ai le sentiment qu’il faut aussi renouveler, adapter ou ajuster les CA de ces structures. C’est eux qui décideront s’ils ont toujours confiance en Stéphane Moreau ou pas". Et quand on lui demande s’il a encore confiance en Stéphane Moreau, Frédéric Daerden reste prudent: "Je crois que Stéphane doit accepter d’adapter sa gouvernance. Stéphane Moreau a indéniablement des qualités intellectuelles. A-t-il commis des fautes? J’attends de voir le résultat de la commission d’enquête, mais aussi de la justice. S’il a commis des fautes de gestion, au niveau légal ou éthique, alors j’ai le sentiment qu’il ne peut plus avoir la confiance".

Récupérer la confiance des militants

Ce vendredi soir, la fédération liégeoise du PS organise une grande assemblée pour ses militants. Pour Frédéric Daerden, l'objectif est d'informer les militants sur ce qui va changer. "Au niveau de la fédération, des mesures ont déjà été prises dès le mois de janvier en exigeant un cadastre, une limitation des rémunérations, rappelle-t-il. Mais cela ne peut pas s’arrêter à des décisions de l’exécutif de la fédération. Il faut informer les militants de ce qui a été décidé, mais surtout les écouter". Quant à une éventuelle démission de Willy Demeyer, actuel président de la fédération, Frédéric Daerden prend des pincettes: "C’est lui qui doit dans sa tête penser à l’intérêt général du parti, et je sais qu’il y est très attaché".

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