Attentats à Bruxelles: un troisième suspect recherché, les bombes dans des valises

Deux explosions à l'aéroport de Zaventem peu avant 8 heures, une autre explosion a eu lieu peu après 9 heures dans la station de métro bruxellois Maelbeek, en plein cœur du quartier européen: Bruxelles a été la cible des terroristes ce mardi. Ces deux attaques auraient fait, selon le dernier bilan provisoire, 30 morts et environ 230 blessés. Le double attentat a été revendiqué par le groupe terroriste Etat islamique.

Des personnes suspectées d'être liées aux attentats sont activement recherchées ce mardi soir, y compris par des patrouilles de police en rue. Les dernières perquisitions ont notamment lieu à Schaerbeek.

Selon le parquet fédéral, "elles ont ont mené à la découverte d'un engin explosif contenant entre autre des clous. Les enquêteurs ont également découvert des produits chimiques et un drapeau de l'Etat Islamique". "Diverses perquisitions sont en cours en Région bruxelloise et à plusieurs endroit dans le pays. Plusieurs témoins sont également entendus", précise-t-on.

Les suspects filmés par les caméras de surveillance à Zaventem...

Une photo prise à partir des caméras de surveillance à l'aéroport montrerait les suspects dans le hall de Zaventem peu avant les explosions. Les deux individus en noir sur le cliché seraient les deux kamikazes tandis que l'individu avec un chapeau sur la droite est actuellement en fuite et activement recherché. Selon le journal Het Laatste Nieuws, la photo aurait été tweetée par un service de police mais uniquement pour un usage interne à la police.

... avec des valises

Les assaillants de l'aéroport international de Bruxelles, où deux explosions ont fait au moins 14 morts mardi matin, transportaient leurs bombes dans des valises posées sur des chariots (comme on peut le voir sur la photo diffusée), a déclaré à l'AFP dans la soirée le bourgmestre de Zaventem. "Ils sont venus en taxi avec des valises, leurs bombes étaient dans les valises. Ils ont mis leurs valises dans des chariots. Les deux premières bombes ont explosé", a affirmé Francis Vermeiren. "Le troisième a aussi mis sa valise sur un chariot mais il a dû paniquer, elle n'a pas explosé", a-t-il ajouté. 

Sur cette photo, les deux individus en noir portent un gant à la main gauche. Selon la BBC et La Libre, ces gants cachaient les détonateurs des bombes utilisées dans l'aéroport.

La police a également lancé un avis de recherche concernant le troisième individu sur la photo.

Revendication de l'EI

L'organisation terroriste Etat islamique (EI) a revendiqué mardi les attentats perpétrés à Bruxelles. L'information a été diffusée par Amaq, l'agence de communication de l'EI. L'organisation indique que plusieurs de ses "combattants" ont ouvert le feu à l'aéroport avant de faire exploser leur ceinture, et qu'un autre fait exploser sa ceinture dans la station de métro Maelbeek.

L'EI fait référence dans son communiqué à la participation de la Belgique à la coalition internationale qui combat l'organisation: '"Une cellule secrète des soldats du califat (...) s'est élancée en direction de la Belgique croisée", affirme le communiqué. Le texte accuse aussi a Belgique de n'avoir "cessé de combattre l'islam et les musulmans".

"Un moment redouté depuis longtemps"

Le Premier ministre Charles Michel a appelé mardi la population à "tout mettre en oeuvre pour sauvegarder nos libertés fondamentales" et revenir rapidement à "une vie normale". à 18h30, Charles Michel a confirmé à l'issue d'un conseil national de sécurité la réouverture progressive des transports en commun, moyennant des mesures renforcées sur le plan de la sécurité.

Des vies innocentes ont été brisées en plein vol à Zaventem et au cœur de Bruxelles, "fauchées par la barbarie la plus extrême", a-t-il dit. "Il y a un avant et un après" le 22 mars 2016.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Charles Michel a évoqué un "moment de tragédie, moment noir" et confirmé que "deux attentats se sont produits ce (mardi) matin", les qualifiant "d'aveugles, violents et lâches". "Ce que nous redoutions s'est réalisé." Il y a, a-t-il ajouté, "de nombreux morts".

Le niveau de la menace terroriste passe à 4 sur une échelle de 4, a-t-il aussi confirmé, précisant que des mesures de sécurité additionnelles sont prises, notamment pour les transports en commun.

Le Premier ministre, tout comme le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, ne veut, à l'heure actuelle, pas faire de lien avec l'arrestation vendredi de Salah Abdeslam : "Nous n'avons aucune informations sur cela".

Sur nos antennes, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a déclaré qu'il craignait que "d'autres personnes soient encore dans la nature".

Le gouvernement fédéral décrète trois jours de deuil national, a indiqué le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA).

Le roi Philippe s'est, quant à lui, exprimé sur le coup de 19h et à exhorté la population à "continuer à répondre ensemble avec fermeté, calme et dignité".

Bilan provisoire

Selon des informations communiquées par le centre de crise, il y aurait 10 morts et 100 blessés à Zaventem. À Maelbeek, il y a eu 20 victimes et 130 blessés, a-t-on appris de source officieuse des services de secours. 

Un bilan établi par la police fédérale fait également état de deux policiers hospitalisés, l'un gravement blessé, l'autre blessé légèrement. Quatre autres policiers fédéraux ont également été légèrement blessés sans que leur état ne nécessite une hospitalisation, a indiqué à l'agence Belga Stéphane Deldicque, secrétaire général CSC Police.

Du côté de Brussels Airlines, ont fait par ailleurs état de 4 employés blessés mais leurs jours ne sont pas en danger.

Au total, selon le centre de crise (données officielles que nous relayons pour le moment), le bilan provisoire serait de 30 morts, et environ 230 blessés.

Tirs, bombes contenant des clous et cris en arabe à Brussels Airport

À Zaventem, ce mardi matin peu avant 8H00, des tirs auraient d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport, avant qu'une personne ne pousse des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins cités par l'agence Belga.

Une troisième bombe, qui n'a pas explosé, a été découverte dans l'aéroport et détruite à 14H00 par des experts artificiers selon le gouverneur de la province du Brabant flamand.

De plus, des armes ont été découvertes dans le bâtiment de l'aéroport, selon une source bien informée citée par Belga. Selon nos sources, c'est une kalachnikov qui a été retrouvée dans le hall des départs. Une source au sein du parquet fédéral a également confirmé l'information à la VRT.

Évacuations

Des blessés ont d'abord été évacués vers l'hôpital universitaire Saint-Luc, mais les hôpitaux du centre-ville de Bruxelles ont, après l'explosion à Maelbeek, été plus largement mobilisés.

Deux rames de métros touchées à Maelbeek

Une explosion, et non deux comme un temps évoqué, a ensuite retenti, à 9h11 précisément, dans le métro bruxellois au niveau de la station Maelbeek, située dans le quartier des institutions européennes. Une première rame a été touchée, indique la STIB. L'explosion est intervenue juste après que le métro ait redémarré en direction de la station Arts-Loi.

"La bombe a explosé dans la deuxième voiture qui était, elle, encore le long du quai. Le conducteur a immédiatement stoppé le convoi et a évacué les voitures 1 et 3.K", poursuit la STIB. Une rame arrivant en sens inverse a également été touchée au moment de l'explosion.

L'explosion était très violente, a indiqué le porte-parole des pompiers de Bruxelles, Pierre Meys. "C'est difficile de le dire, tellement les dégâts sont importants. La déflagration a fait des dégâts jusqu'au parking Loi. Le choc a été ressenti en aval et en amont de la station Maelbeek. C'est pour cette raison que l'on parlait d'abord de deux ou trois explosions."

Les secours sont arrivés rapidement sur les lieux, les premiers véhicules arrivant à 9h33. Mais l'intervention dans la station a dû momentanément être interrompue à cause du travail de déminage.

Le périmètre de sécurité autour de la rue de la Loi, Maelbeek et Schuman a été élargi en raison du transport des victimes. Une centaine de pompiers a été mobilisée à Maelbeek. 

Une seconde explosion aurait finalement bien eu lieu peu avant 11h30, mais "sous contrôle des démineurs" dépêchés sur place, nous a-t-on indiqué.

Les blessés légers et les personnes en état de choc ont été pris en charge par des bus de la STIB ou dans des hôtels des environs. Une vingtaine d'ambulances sont arrivées sur les lieux vers 12h30; elles ont été fouillées par les policiers.

La Croix-Rouge a ouvert un centre d'accueil de crise au Résidence Palace située au numéro 155 de la rue de la Loi à la suite de l'explosion dans le métro. Des équipes d'aide psychologique sont sur place. Pompiers et ambulanciers prodiguent les premiers soins dans le hall de l'hôtel Thon, rue de la loi.

Menace niveau 4

Le plan catastrophe provincial a été déclenché très rapidement après les attaques. Le niveau de la menace terroriste est passé au niveau 4 (sur une échelle de 4) pour l'ensemble du pays, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

L'armée belge a elle aussi été mise en alerte. Selon La Libre, 225 militaires supplémentaires ont directement été dépêchés à Bruxelles. Au moins deux hélicoptères de l'armée appuie par ailleurs les services de secours dans les missions médicales. Un Sea King assurait ainsi les vols d'évacuation médicale entre l'aéroport de Zaventem et l'hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek.

Les forces de sécurité porteront une attention particulière sur les gares internationales, les aéroports, le port d'Anvers, les centrales nucléaires...

Pour les centrales nucléaires, seul le personnel nécessaire au fonctionnement des réacteurs est à son poste. Les autres travailleurs, comme le personnel administratif par exemple, a évacué dans le calme. Cette décision n'a toutefois aucune incidence sur la production d'électricité.

Un numéro d'urgence a été mis à disposition de la population, le 1771, pour toutes questions des proches des victimes ou voyageurs présents à Zaventem ou Maelbeek.

Dons de sang suffisants pour ce mardi

Des appels aux dons de sang ont été lancés suite aux différentes attaques. Les dons de sang étaient finalement suffisants à 16h45. Il n'y avait dès lorsp lus de demande aux particuliers de se rendre dans différents centres de dons.

La Croix-Rouge indiquait: "L'état du stock de sang est bon actuellement. Nous faisons face à l'urgence. Suite aux informations que nous avons reçues ce matin des hôpitaux qui sont en état d'urgence, nous demandons uniquement aux donneurs O négatif et A négatif de se rendre dans nos sites de prélèvements." Mais uniquement en Wallonie, ajoute la société de secours volontaire. "Toutes les personnes de groupe O négatif et A négatif qui veulent marquer leur solidarité, sont les bienvenues aujourd'hui et dans les jours qui viennent", conclut la Croix-Rouge.

La France a proposé des moyens médicaux à la Belgique, a par ailleurs annoncé le cabinet de Maggie De Block. La ministre a indiqué que "nos hôpitaux sont capables de faire face. Après les attentats de Paris, des plans d'urgence ont été mis en place et des exercices ont eu lieu".

Communications saturées

Encore fallait-il parvenir à appele ce numéro. Depuis 9H ce mardi matin, les réseaux de communication téléphonique étaient saturés. Après de grosses perturbations durant toute la journée de mardi, les réseaux mobiles des opérateurs Base Company, Mobistar et Proximus fonctionnaient "globalement à nouveau normalement", indiquait l'IBPT sur son site internet vers 17h. 

Les fournisseurs Telenet et VOO ont d'ailleurs décidé dans la journée de rendre accessible leurs "homespots" (le Wi-Fi accessible partout via les réseaux des particuliers) à toute la population, sans qu'une authentification ne soit requise.

L'opérateur de télécommunications Proximus a enregistré durant la journée environ le double d'appels passés, de SMS envoyés et de données de sessions mobiles qu'en situation normale. Les appels après les attentats à Bruxelles étaient difficiles à la suite d'une saturation du réseau.

Transports perturbés, aéroport fermé mercredi 

L'aéroport a été fermé, plus aucun vol n'arrive ni ne part de Zaventem. Il devait l'être au départ jusque ce mercredi à 6 heures du matin mais on annonce sa fermeture pour la journée complète finalement.

Brussels Airlines confirme que tous les vols de mercredi sont annulés. Cela concerne 24 000 passagers. Les passagers seront remboursés.

Quelques vols initialement prévu pour Brussels Airport ont été déviés sur Liège et Charleroi.

Le rail aussi perturbé

Le trafic ferroviaire et les bus à destination de Brussels Airport ont aussi rapidement été interrompus.

Sur ordre de police, toutes les gares ferroviaires de la capitale ont finalement été fermées. La situation devrait rentrer dans l'ordre vers 16 heures ce mardi, comme l'indique la ministre fédérale de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) : "Les gares bruxelloises vont être ouvertes à partir de 16 heures, la sécurité est renforcée", a-t-elle écrit sur Twitter.

Seules les gares de Bruxelles-Schuman, Bruxelles-Luxembourg et Bruxelles-Aéroport resteront toutefois fermées, a annoncé la SNCB. 

Toutes ces perturbations posent également problème à la circulation routière à Bruxelles. Partout dans la capitale et dans le pays, les solutions pour les trajets pour les navetteurs s'organisent.


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