Prélever l'ADN des nourrissons pour lutter contre la criminalité

L'ADN serait prélevé chez tous les nouveaux-nés
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L'ADN serait prélevé chez tous les nouveaux-nés - JASON GUTIERREZ - IMAGEGLOBE
Belga News

Telle est l'idée soutenue samedi par le procureur général d'Anvers Yves Liégeois dans De Standaard et Het Nieuwsblad : faire enregistrer l'ADN de tous les nouveaux-nés pour créer d'immenses bases de données génétiques, utiles à la lutte contre la criminalité. Dans sa course à la sécurité, le procureur veut par ailleurs généraliser les caméras de surveillance. La Commission de la vie privée tempère les propos du magistrat.

Le procureur général d'Anvers, Yves Liégeois estime que "ce serait une bonne idée de collecter le matériel ADN de tous les nouveaux-nés et de tous les nouveaux arrivants dans ce pays. Ce serait un grand pas en avant pour aider à résoudre les crimes et délits. Évidement, il faudrait des critères légaux stricts définissant l'utilisation autorisée des données collectées".

"Pour cette protection, il faut oser en payer le prix. Notre loi sur la protection de la vie privée va beaucoup trop loin."

Généraliser l'usage des caméras

Le procureur général d'Anvers plaide ainsi, également, pour l'installation de davantage de caméras de surveillance. "Pas seulement pour surveiller le trafic, mais aussi pour garder un oeil sur ce qu'il se passe dans la rue".

 

"Les caméras donnent de très bons résultats" précise-t-il, "[elles] ont déjà permis de résoudre des affaires de viols. La commission de la protection de la vie privée est contre, mais que préfère le citoyen: de ne pas être vu, ou que la justice réussisse à mettre la main sur le cambrioleur qui s'est introduit chez lui ? "

Voilà les méthodes radicales qui, selon Yves Liégeois permettraient à la société de mieux protéger ses citoyens.

Baliser le terrain pour éviter "Big Brother"

"Nous ne sommes pas contre la collecte des données ADN, ni contre l'installation de caméras de surveillance mais pas à n'importe quel prix", a déclaré Eva Wiertz, responsable communication à la Commission de la protection de la vie privée (CPVP).

"Les relevés ADN doivent s'opérer dans un cadre bien précis, correctement balisé, au risque de tomber dans le travers d'une société Big Brother", prévient Eva Wiertz.

"Il existe déjà une base de données ADN pour les condamnés", complète la porte-parole du CPVP. "Et nous collaborons avec l'Institut national de Criminalistique et de Criminologie (INCC)". "Mais il est impossible de collecter l'ADN de tous les nouveaux-nés. Nous n'aurions pas les ressources humaines et techniques nécessaires. Vous imaginez si l'on devait croiser l'ADN des personnes suspectes avec tous les ADN des nouveaux-nés..."


RTBF et Belga


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