Salaire de Didier Bellens: un projet de loi en préparation

Didier Bellens, patron de Belgacom, a gagné 2,6 millions d'euros bruts en 2011
Didier Bellens, patron de Belgacom, a gagné 2,6 millions d'euros bruts en 2011 - BELGA PHOTO DIRK WAEM
Belga News

Petit vent de scandale après la publication du salaire du patron de Belgacom, Didier Bellens qui a gagné 2,6 millions bruts en 2011. MR et Ecolo critiquent le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette (PS). Le parti socialiste réagit lui en disant qu'un projet de loi est en préparation.

"Après les prises de position outragées des uns et des autres, les Verts n'attendent qu'une chose des partis traditionnels, prompts à s'émouvoir mais lents à la détente quand il s'agit de changer réellement les choses, qu'ils passent enfin à l'acte", disent les députés Muriel Gerkens, Georges Gilkinet et Stefaan Van Hecke.

"Cela fait de nombreuses années que les écologistes réclament des mesures fortes pour limiter les rémunérations et les avantages accordés aux patrons d'entreprises, à commencer par celles détenues ou soutenues par les pouvoirs publics, qui devraient être exemplaires quant à leurs pratiques salariales", selon un communiqué.

"Malheureusement, les partis traditionnels et les différents ministres en charge des entreprises publiques ont préféré jusqu'ici se cantonner aux intentions et reporter à plus tard ces décisions pourtant urgentes pour limiter l'écart salarial et recréer la confiance du citoyen", ajoutent les députés.

Le MR s'est lui aussi ému lundi de la publication du salaire du patron de Belgacom, Didier Bellens, en égratignant au passage le ministre PS des Entreprises publiques, Paul Magnette.

Le gouvernement est installé depuis plus de cent jours et nous n'avons toujours rien vu, rien entendu de la part du ministre des Entreprises publiques chargé de rédiger un plan visant à mieux encadrer les grands salaires dans les entreprises publiques", dit Charles Michel, qui précise que pendant cette même période, "d'autres ministres ont mis en œuvre une réforme des pensions ou ont élaboré un plan pour encadrer le coût de l'énergie".

Pour lui, il "n'est pas acceptable moralement et éthiquement, qu'un patron d'une entreprise publique, qui reçoit donc de l'argent du contribuable, touche un salaire 10 fois plus élevé que celui du premier ministre". Le MR propose, comme défendu lors de la formation du gouvernement, de limiter le montant des hauts salaires dans les entreprises publiques au maximum à celui du Premier ministre.

Du côté du PS, la porte-parole a publié sur Twitter, et via communiqué, un "petit rappel pour ceux qui n'auraient pas lu, pas entendu", avec un lien vers les propositions de loi sur le sujet déposées l'an dernier par quatre parlementaires socialistes (Olivier Henry, Yvan Mayeur, Guy Coëme et Christiane Vienne).

Parmi celles-ci, dans les entreprises publiques, les élus PS proposent de limiter à 20 l'écart entre le salaire médian et le salaire le plus élevé ou encore de plafonner les bonus à 30% du salaire fixe.

Le projet du ministre Paul Magnette concernant les entreprises publiques est attendu pour juin 2012. Mais pour le PS, cela ne suffit pas.

"Pour le groupe PS de la Chambre, il faut aller encore plus loin et moraliser les rémunérations dans l'ensemble du monde économique. Des primes de l'ordre de 135 millions d'euros, comme celle accordée au CEO d'InBev, sont totalement choquantes, d'autant qu'elles sont moins taxées que le salaire", conclut le communiqué du parti socialiste.



Avec Belga

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