Des partis "traditionnels" dépassés face à des "petits" partis peu crédibles?

Illustration du débat de Mise au Point, par Pierre Kroll
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Illustration du débat de Mise au Point, par Pierre Kroll - © Pierre Kroll

Les petits partis ont le vent en poupe dans les sondages, et séduisent plus d’un francophone sur cinq. Peut-on encore parler de "petits" partis ou faut-il parler de partis "émergents"? Amènent-ils de l’oxygène et des idées nouvelles? Quand ils veulent réformer un système qu’ils jugent "dépassé" ou inadapté à la société actuelle, les partis "classiques" ou "traditionnels" répondent que crédibilité, expérience et réalisme leur font défaut.

Dans les derniers sondages, c'est la percée des petits partis qui a marqué les esprits. Le PTB-Go est crédité de près de 7% et le Parti Populaire (PP) de près de 6%. Pour le président du PP, Mischaël Modrikamen, c'est la raison pour laquelle il ne faut plus les qualifier de "petits partis". Il préfère les termes de "partis émergents".

Ces partis sont unanimes quant à la nécessité de bouleverser le système démocratique, de le "réformer en profondeur", selon lui.

Pour une démocratie plus participative

Pour Marco Van Hees, membre du PTB-Go, son parti trouve sa légitimité dans les idées qu'il défend, mais aussi dans une démarche de proximité: "La différence est que nous allons sur le terrain, dit-il en ajoutant "rapporter les idées" qui y sont rencontrées.

Côté Vega, le parti de Vincent Decroly, son fondateur le qualifie de parti "pour l'action": "Nous voulons sortir des logiques de communication des partis traditionnels", dit-il en ajoutant que notre système a "besoin de radicalisme" quand les problèmes du chômage ou de l'environnement menacent.

Marouan El Moussaoui, l’un des fondateurs du Parti Pirate, parle quant à lui d'une nécessaire "mise à jour de la démocratie représentative": à l'image de développements participatifs comme "Wikipédia" ou le "crowdfunding", il plaide pour "une nouvelle façon de faire plus participative, incluante, et horizontale".

Les partis "traditionnels" reconnaissent ce besoin de rafraîchissement du système, qui passerait entre autres par un recours plus fréquent au référendum - reste à s'entendre sur les domaines pour lesquels il serait mis en place. Si certaines idées sont partagées, d'autres - la plupart - sont par contre vues comme irréalisables ou peu crédibles.

"On a besoin de pouvoir être bousculés, mais nous sommes aussi des gens qui réfléchissent et s'engagent", dit Maxime Prévot, chef de groupe cdH à la Chambre. Pour lui, les petits partis ressemblent trop souvent à des "structures contestataires" qui n’ont "pas de colonne vertébrale" et rassemblent des gens "contre quelque chose" au lieu de fédérer autour d'un projet.

"C’est plus confortable d’être tout le temps dans la contestation", dit Rachid Madrane, secrétaire d’Etat bruxellois PS à l’Urbanisme, quand le député MR Denis Ducarme estime que "notre société a aussi besoin de stabilité, après tout ce qu’on a traversé".

"Vous n’avez pas la crédibilité", ajoute-t-il en s'adressant à Mischaël Modrikamen, pointant des "méthodes dangereuses et brutales", et l'accusant d'être "dans la théorie".

Christos Doulkeridis, secrétaire d’Etat bruxellois Ecolo au Logement, s'inscrit dans le même discours, tout en soulignant que les partis classiques n'ont pas pour autant les mêmes idées. "Je ne voudrais pas qu’on mente aux personnes les plus fragilisées", dit-il, insistant sur le fait que les partis traditionnels sont "dans le concret", contrairement aux petits partis.

De la nécessité d'investir dans les jeux vidéo défendue par le Parti Pirate à la volonté du PTB-Go de supprimer les intérêts notionnels, en passant par l'idée de la semaine à 32 heures de Vega ou celle du PP d'imposer des travaux d'intérêt général aux chômeurs longue durée, les petits partis y sont allés de leurs idées, confrontées aux politiques mises place par les partis au pouvoir, dans le débat de Mise au Point ce dimanche.

Un débat tendu, que vous pourrez revoir intégralement d'ici quelques instants.

G. Renier

Pour le débat de Mise au Point, Olivier Maroy avait invité:

Marco Van Hees, membre du PTB-Go

Mischaël Modrikamen, président du Parti Populaire

Vincent Decroly, porte-parole et fondateur de Vega

Marouan El Moussaoui, l’un des fondateurs du Parti Pirate

Denis Ducarme, député MR

Rachid Madrane, secrétaire d’Etat bruxellois PS à l’Urbanisme

Christos Doulkeridis, secrétaire d’Etat bruxellois Ecolo au Logement

Maxime Prévot, chef du groupe cdH au Parlement wallon

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