Christine Planus (CGSP): Stéphane Moreau défend "des valeurs qui ne sont pas de gauche"

Les syndicats de l'intercommunale Publifin ont décrit ce jeudi devant la commission d'enquête Publifin du parlement wallon une direction méprisante, sous la coupe du patron de Nethys Stéphane Moreau, et peu soucieuse du maintien de l'emploi et des statuts publics.

Christine Planus (CGSP, syndicat socialiste) a rappelé le conflit social qui a paralysé trois semaines le site d'Ans de Tecteo (future Publifin) en 2009 pour s'opposer à une restructuration. A l'époque, Stéphane Moreau, bourgmestre d'Ans, avait interdit les rassemblements de plus de trois personnes sur la voie publique, "un conflit d'intérêts manifeste", selon la syndicaliste.

Des 1300 agents présents dans l'ALE en 2003 (électricité et Télédis), on est aujourd'hui arrivé à 880 agents dans Publifin (ALE, ALG, câblos wallons), ce qui s'est traduit par un recours important à la sous-traitance, par exemple pour le placement de compteurs et compteurs à budget, a détaillé la représentante du personnel. Elle a énuméré les pertes d'avantages statutaires encourues au fil des ans, malgré l'obtention du retour aux 36 heures/semaine.

Stéphane Moreau défend "des valeurs qui ne sont pas de gauche"

Christine Planus a décrit la directrice générale de Publifin, Bénédicte Bayer, comme étant sous la coupe de Stéphane Moreau. "C'est lui qui décide, d'ailleurs elle lui téléphone en séance" pour prendre des informations. Pour justifier son salaire, Bénédicte Bayer avait assuré gagner moins à la minute que l'ouvrier le moins payé de l'intercommunale. Ces propos sont d'une "indécence terrible" quand on sait que cet ouvrier gagne 1836 euros après 20 ans d'ancienneté, a commenté Christine Planus.

Elle décrit la directrice, dont le témoignage devant la commission est attendu dans la journée, comme particulièrement irrespectueuse envers le personnel. "Il faut savoir qu'elle traite le personnel de Publifin de 'branleurs de mouches'".

La syndicaliste ignorait les rémunérations pratiquées dans les comités de secteur, ainsi que les rémunérations du management. Elle a souligné le paradoxe de voir Stéphane Moreau, mandataire socialiste, défendre un modèle "ultra-libéral" et "des valeurs qui ne sont pas de gauche" à ses yeux. L'intercommunale n'est plus qu'une coquille vide prête à mourir, s'est-elle désolée.

Sa consœur de la CSC Service Public (syndicat chrétien), Olivia Gabriel, a dit partager tous ses reproches sur le fond. Elle a jugé que les comités de secteur étaient sans doute nécessaires, qu'ils auraient pu être efficaces pour les secteurs d'activités, vu l'évolution de la télédistribution et l'ouverture au câble. Mais les syndicats n'avaient aucune vue sur les émoluments et la qualité du travail de ces organes controversés.

 

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