Charles Michel rue une nouvelle fois dans les brancards du PS
BELGIQUE | lundi 6 février 2012 à 8h16
Comme il l'avait déjà fait ce week-end, Charles Michel, le président du MR, a dénoncé avec force "le conservatisme de la gauche" et "l'échec du socialisme" en Wallonie. Plutôt qu'une hausse de la TVA, il préconise un rapatriement des capitaux illégalement placés à l'étranger et la réduction du train de vie de l'Etat.
Alors que l'idée d'une hausse de la TVA semblait faire son chemin au gouvernement fédéral, le MR, par la voix de son président, a exprimé son opposition à cette mesure. "Augmenter la TVA, c'est amputer de plus d'un milliard d'euros le pouvoir d'achat des Belges", a fait valoir Charles Michel dans Matin première ce lundi.Si l'on ne reparle plus d'un saut d'index, hypothèse balayée d'un revers de main par le PS, où trouvera-t-on les deux milliards d'efforts supplémentaires à consentir dans le cadre du prochain contrôle budgétaire?"La première priorité est de serrer la ceinture de l'Etat et des autorités", estime le bourgmestre de Wavre. "On peut encore faire mieux en termes de chasse au gaspillage", selon lui et ainsi éliminer les dépenses qui n'ont pas ou peu de valeur ajoutée pour les citoyens.Une conception à nouveau en opposition frontale avec le PS. Le président socialiste, Thierry Giet, estimait en effet sur nos ondes qu'en matière de réductions des dépenses, "nous sommes à l'os".Le leader des libéraux francophones n'est, de loin, pas de cet avis. Il a réutilisé l'exemple mis en avant hier dans l'Indiscret pour illustrer son point de vue. "Dans le domaine des transports en commun wallons, vous avez six structures et plus de 80 administrateurs" alors qu'à Paris, "avec dix fois plus de voyageurs, il y a 80 administrateurs en moins et une seule structure pour gérer l’ensemble de la RATP".Il y a donc nettement de quoi simplifier et rationaliser les structures d'après Charles Michel. Et le même constat s'applique selon lui au secteur du logement, du développement économique, etc.Une deuxième DLU?Sous l'impulsion du ministre Reynders, alors aux Finances, une déclaration libératoire unique (DLU) avait permis aux Belges ayant placé frauduleusement leurs capitaux à l'étranger sans les déclarer de les rapatrier avec pour incitant des sanctions nettement réduites. Cette mesure avait permis jadis de récolter quelques 500 millions d'euros.Le fils de Louis Michel est d'avis qu'une nouvelle mesure similaire pourrait permettre cette fois de rapporter "même un peu plus". Rapatrier des capitaux évadés a un double effet positif précise l'ancien ministre de la Coopération au développement. Cela ramène de nouveaux moyens financiers dans notre économie et cela élargit l'assiette fiscale disponible.Et l'impôt sur la fortune? Ce n'est "pas un tabou" pour le MR mais son président met en doute l'efficacité d'une telle mesure qui risquerait de faire fuir des capitaux.De plus, juge l'interviewé, étant donné la fiscalité belge sur l'immobilier, il y a déjà une sorte d'impôt sur la fortune.Marre de "l'échec de la domination de la gauche en Wallonie"Par rapport à la désignation d'Eric Massin comme bourgmestre de Charleroi, Charles Michel s'est dit "surpris que le PS décide de changer de bourgmestre à quelques mois des élections". Mais le jeune président de parti ne s'est pas appesanti sur la question, se contentant de déclarer que "ce qui compte pour le MR c’est de travailler réellement à la bonne gouvernance, au redéploiement économique, à rendre confiance afin que cette métropole soit gérée avec sérieux et compétence" pour que Charleroi puisse se redresser.Plus largement, en ce qui concerne la Wallonie, l'invité de Bertrand Henne s'est distancié nettement des récentes sorties régionalistes des ministres socialistes Jean-Claude Marcourt et Paul Magnette.
"Leurs discours expriment un repli wallon et un abandon de Bruxelles", estime-t-il mais il s'agit aussi "d'une diversion" car "l’essentiel n’est pas dans le débat institutionnel". L’essentiel aujourd'hui serait, d'après lui, "de savoir comment on créé une meilleur formation, comment on favorise la recherche et l’innovation, comment on simplifie les structures publiques et parapubliques".
Or de ce point de vue, pour le libéral, le verdict sans appel, "il y a un échec de la domination à gauche de la Wallonie depuis 30 ans".
"J'en ai marre d'entendre des discours, je voudrais voir des actes", fait savoir le Brabançon. Pour ce dernier, il faut sortir de "ce conservatisme ancré à gauche qui paralyse toute capacité d'engager des réformes".
"Quand je vois le clientélisme, quand je vois la politisation, quand je vois la manière dont un mouvement idéologique a mis en coupe réglée la Walllonie, je dis ça suffit!", s'emporte Charles Michel.
Louis Michel à Schaerbeek?
Face aux rumeurs de parachutage à Schaerbeek de son père, Louis Michel, en vue des communales, l'invité de Matin Première s'est montré certes prudent mais a clairement laissé la porte ouverte à une telle possibilité.
"Cela fait plus de dix ans qu'on annonce mon père à Bruxelles" à tort, a-t-il rappelé sans préciser si cette année sera celle qui fera mentir les autres.
"C'est une décision personnelle qui lui appartiendra, elle n'est pas encore prise". Pas encore donc. Après l'arrivée de Didier Reynders à Uccle, cette formulation laisse entrevoir la venue d'un autre poids lourd libéral francophone dans la capitale.
Julien Vlassenbroek
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Questions Publiques 6/2/2012


