Depuis une dizaine d'années, le constat revient périodiquement: certaines espèces prolifèrent, en particulier les sangliers et les cerfs, et provoquent des dégâts importants dans les cultures, voire dans les jardins de particuliers.
Le plan fixe deux objectifs: établir un état des lieux précis de la situation et réduire les populations excédentaires.
Des territoires dit "points noirs" seront identifiés et feront l'objet d'un suivi particulier. Un cadastre des clôtures sera par ailleurs établi. La chasse au grand gibier ne peut pas avoir lieu dans des espaces clôturés. Or, certains propriétaires ne semblent pas respecter l'interdiction. Les clôtures en infraction devront donc être démontées, sous peine de poursuites judiciaires.
Les plans de tir aux cervidés seront améliorés et les conseils cygénétiques pourront être sanctionnés en cas de non-respect. Les périodes chasse en battue du sanglier ou à l'espèce du cerf seront élargies. Entre le 20 décembre et le 21 janvier, ces chasses seront suspendues les samedi et dimanche pour laisser la voie libre aux promeneurs. Les procédures de destruction des sangliers seront simplifiées et les plages horaires dans lesquelles elles peuvent avoir lieu étendues.
Restrictions du nourrissage
Pour éviter la concentration et la prolifération de grand gibier, le nourrissage sera interdit au nord du sillon Sambre et Meuse et des restrictions seront d'application au sud. Un nourrissage supplétif (c'est-à-dire lui donner un supplément de nourriture) du cerf sera autorisé du 1er novembre au 30 avril, pour permettre à l'espèce de passer l'hiver et ne pas s'attaquer à l'écorce des arbres. Le nourrissage dissuasif des sangliers sera autorisé du 1er avril au 30 septembre dans le but de protéger les cultures.
Des dispositions transitoires seront en outre d'application pendant trois ans, étant donné les fortes densités actuelles de sangliers. Le but est d'éviter les effets pervers d'un arrêt trop brutal du nourrissage qui se traduirait par des dégâts importants aux cultures et aux prairies. Le nourrissage dissuasif, à condition qu'il soit manuel et ne contienne pas de maïs, sera également autorisé du 1er octobre au 31 mars à condition qu'il soit accompagné d'une réduction significative des populations. La Division Nature et Forêts (DNF) aura la possibilité de refuser celui-ci dans les "points noirs".
Le MR est critique
Si l'opposition MR juge positivement certaines mesures, elle est en revanche plus critique sur le sujet du nourrissage et a regretté ce qu'elle a qualifié de revirements du ministre sur un point qui a suscité maintes controverses.
"Là où Lutgen ne prenait aucune décision, le ministre s'est dit qu'il allait frapper un grand coup avant de s'en mordre les doigts et de revoir sa copie. Mais entre-temps, des chasses communales ont été louées à un prix largement inférieur à ce qui était prévu", a déploré le député Gilles Mouyard.
Le fonctionnement et la composition des conseils cynégétiques seront également revus pour assurer une meilleure représentation des agriculteurs ainsi que des propriétaires privés et publics.
Belga




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