Pour Bernard Horenbeek, il faut d’urgence s’atteler à "établir des pistes en vue de construire une vision pour notre économie qui ne consiste pas seulement à courir derrière les problèmes et mettre des rustines partout".
Autrement dit, il faut arrêter de courir derrière la crise, "prenons les devants en soutenant une croissance de la qualité", dit-il, "la finance éthique à maintenant une longue expérience, c'est le moment de la conforter".
Et d'ajouter : "De plus en plus d’entrepreneurs conçoivent leur entreprise autrement. Ces entrepreneurs intègrent des critères environnementaux, sociaux et de qualité de vie dans leur projet".
La solidarité est la seule manière de sortir de la crise
A la question de savoir si la Banque centrale européenne (BCE) a pris la bonne direction en décidant d'intervenir de manière illimitée sur le marché de la dette des États de la zone euro, il répond : "Il est temps que la BCE soutienne les pays en difficultés. La solidarité est la seule manière de sortir de la crise, tant à un niveau macro-économique que micro-économique".
"Chaque citoyen peut donner du sens à ses actes"
"Mais c'est aussi une question citoyenne, les spéculateurs utilisent l’argent de ceux qui veulent davantage de dividendes", déclare-t-il.
"Chaque citoyen peut donner du sens à ses actes", en citant en exemple la manière dont nous consommons : "Circuit court ou grand magasin ?". "Il est facilement possible d’acheter des produits en circuit court, on sait ce qu'on mange, on découvre de nouveaux produits et on soutien une économie verte. Il faut savoir ce que l'on consomme, les productions vertes existent, il faut en faire la promo".
"À Crédal, nous rencontrons tous les jours des gens qui se battent pour construire une économie plus juste, c’est eux qu'il FAUT soutenir", ajoute-t-il. "Ceux qui essayent de nouvelles choses ne sont pas assez soutenus, seule la finance éthique et solidaire comprend les enjeux et se mouille, à travers toute l'Europe. Chaque année nous faisons 700 crédits à des gens qui ont des projets solidaires".
Changer les pratiques des banques ?
Si le directeur du Crédal se dit en faveur d'une séparation des banques de dépôts et banques d'affaires comme le prévoit l'accord gouvernemental, il estime que les changements dans les banques évoqués par Laurette Onkelinx "semblent légers".
Et de conclure : "On peut et on doit critiquer le système mais on se doit d'agir pour construire un autre monde, certains le font !".
C. Biourge
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