Après "l'austérité", "la relance" est désormais dans toutes les bouches

Après "l'austérité", "la relance" est désormais dans toutes les bouches
6 images
Après "l'austérité", "la relance" est désormais dans toutes les bouches - © Pierre Kroll
Rédaction RTBF

"Et si l’austérité faisait place à la relance?", c’était la question au centre du débat de Mise au Point. Autour de la table, plusieurs membres du gouvernement qui espèrent pouvoir annoncer des bulles d’oxygène pour l’économie et en finir avec la stricte austérité.

Après la crise financière, la crise économique, celle de l'euro, des dettes publiques...la rigueur ou pire l'austérité ne suffit plus. La relance on y croit.

"Dans les pays faibles de l’Europe les programmes d’austérité ou de rigueur entretiennent une récession voire une déflation qui met à mal les finances publiques et engendrent une spirale négative", explique Bruno Colmant, ex-chef de cabinet de Didier Reynders et professeur d'économie dans plusieurs universités.

Accélérer les politiques d'investissement

Relâcher la pression, c'est un axe vers la relance. Injecter des moyens dans l'économie réelle en est un autre. Alors la croissance tout le monde la défend mais comment l'atteindre, là le débat est lancé.

Pour Didier Reynders (MR), "ce qu’il faut faire maintenant, c’est soutenir les PME. Et je l’ai dit, il y a des mesures de pouvoir d’achat pour les uns, des mesures de réduction de charges pour les autres".

"Et puis il faut qu'il y ait de l’investissement. En Europe comme en Belgique, je crois que l’on peut accélérer les politiques d’investissement. Les moyens sont là, la Banque européenne d’investissement peut agir, financée par la Banque Centrale (BCE). Et quand on parle en Belgique d’investissements, c’est le ring d’Anvers, c’est le métro à bruxelles, c’est le RER que l’on attend depuis longtremps", développe le ministre des Affaires étrangères.

"Il faut un grand investissement sur l’emploie et notamment l’emploi des jeunes. Quand on voit que le taux de chômage des jeunes est à 22,4%, ce n’est pas acceptable et c’est vraiment une source de désespoir pour cette jeunesse", plaide de son côté Laurette Onkelinx, la ministre PS des Affaires sociales.

Rendre le marché intérieur plus efficace (cdH) et investir dans les "secteurs d'avenir" (Ecolo)

Dans les rangs d'Ecolo, on vise la régulation du marché bancaire et la mise en place d’une politique de relance orientée vers une économie durable.

"Il ne s’agit pas de faire une relance tous azimuts", précise Olivier Deleuze, coprésident des écologistes, "mais de redéployer l’économie dans les secteurs d’avenir, à savoir les secteurs qui nous rendent davantage indépendants du prix du pétrole ou du prix de uranium, ça ce sont des secteurs d’avenir".

Pour le Cdh, c'est d'un plan national pour la croissance dont l'économie belge a besoin. Entre autres pour mieux faire fonctionner le marché intérieur.

"Dans les différentes propositions de relance, un des éléments c’est de rendre beaucoup plus efficace le marché intérieur", estime de son côté la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (cdH). "Parce qu’on se rend compte qu’il y aune série d’obstacles et de réglementations qui, pour finir, ne rendent pas le marché suffisamment fluide. C’est une question avant tout de gouvernance et avec cela on pourrait gagner jusqu’à 1% de croissance".

Aider les PME, améliorer l'innovation, encourager la recherche, renforcer la compétitivité des entreprises, limiter les prix de l'énergie, augmenter le pouvoir d'achat autant d'objectifs qu'il reste à négocier dans un accord pour la croissance à conclure avant l'été.

Baudouin Remy avec Julien Vlassenbroek

 

 


Publicité