Accord sur le budget et sur un plan de relance

Il y a accord sur le budget a twitté Elio Di Rupo
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Il y a accord sur le budget a twitté Elio Di Rupo - RTBF
Rédaction RTBF

Après 29 jours, une dernière réunion de 18 heures et une ultime nuit de négociations, le premier ministre, Elio Di Rupo, a tweeté qu'un accord sur le budget était enfin sur la table. La Belgique a trouvé 3,4 milliards en recettes nouvelles et en économies; et le gouvernement s'est mis d'accord sur un plan de relance à concurrence de 400 millions d'euros.

Les principaux ministres du gouvernement étaient enfermés depuis lundi à 14 heures, une réunion que l'on annonçait au finish.

C'est le Premier ministre lui-même qui sur son compte Twitter et dans les deux langues, a annoncé donc cet accord, accord sur le budget 2013 et sur des mesures supplémentaires pour l'emploi et la compétitivité.

Le gouvernement a pris beaucoup de précautions pour souligner qu'il va consulter les partenaires sociaux sur plusieurs pans de ce budget et à propos de la politique de relance voulue par ce gouvernement. Cela vient après le coup de semonce des syndicats qui, lundi, mettaient en garde le gouvernement sur les décisions qu'il pourrait prendre. Le gouvernement Di Rupo prend donc beaucoup de précautions pour dire qu'il va consulter les partenaires sociaux, patrons et syndicats, et les laisser négocier sur une série de thèmes. Des partenaires sociaux qu'on n'imagine quand même pas très heureux de se voir refiler la patate chaude et qui vont devoir peut-être prendre des décisions difficiles.

Le gouvernement se serait accordé  sur une modération salariale

Après de multiples tentatives, le compromis élaboré à l'initiative du ministre de l'Economie, le sp.a Johan Vande Lanotte, prévoit non pas un gel des salaires -la menace avait été agitée ces dernières heures- mais plutôt une réduction pour les 2 prochaines années de l'écart salarial entre la Belgique et les pays voisins. En clair, il n'y aurait pas de réelle marge salariale chez nous, il n'y aurait pas de véritable croissance des salaires, sauf l'indexation automatique si c'était nécessaire et sauf les revalorisations barémiques traditionnelles éventuelles. Seuls les "bas salaires" échapperaient à ce recentrage, à ce resserrage. Objectif: réduire de 0,9% l'écart de compétitivité avec les pays voisins. Mais tout cela serait encore à discuter, à négocier avec les partenaires sociaux. 

La relance: 400 millions

Et puis la dernière partie de la nuit au Lambermont, c'était cette fameuse recherche des 400 millions d'euros que le gouvernement promettait d'injecter dans la relance pour la compétitivité, pour la création de l'emploi. On avait vu réapparaître dans les dernières heures ce match traditionnel désormais entre socialistes et libéraux flamands notamment: fallait-il plus d'économies sur le train de vie de l'Etat ou bien des recettes nouvelles ? Apparemment les arbitrages sont faits. Ils seront présentés par le Premier ministre au Parlement en début d'après-midi, à 14h30 précisément. Traditionnellement, cette déclaration est lue à l'occasion de la rentrée parlementaire d'octobre, mais l'absence d'accord budgétaire l'avait reportée de facto. Les moments du débat et du vote à la Chambre doivent encore être déterminés.

Mais d'ores et déjà, on connait certaines mesures.

On sait que le gouvernement cherchait un tiers de mesures d'économies sur le train de vie de l'Etat, un tiers de mesures fiscales comme notamment ce précompte mobilier à 25%, la réforme des intérêts notionnels, un coup de pouce demandé aux entreprises, aux holdings, aux banques et puis toute une série d' "autres mesures" comme par exemple la régularisation de capitaux placés à l'étranger ou encore la lutte renforcée contre la fraude fiscale ou sociale. Ça, c'est pour le budget bouclé.

Il y a ensuite ce qui a retenu l'attention ces derniers jours, ces dernières heures : les mesures supplémentaires pour le plan de relance pour l'emploi et la compétitivité. Il y a donc là les 400 millions attendus qui seront entièrement dévoués à la création d'emploi en passant par des allègements de charges sociales et patronales, par des crédits d'impôts, par des coups de pouce aux entreprises et des formations renforcées proposées aux travailleurs. 400 millions chaque année en année pleine, 300 millions pour 2013 parce que certaines des mesures de compétitivité n'entreront en action qu'au 1er avril.

T.N. avec Fabien Van Eeckhaut


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