Le 14 juillet en Belgique se fête avant tout à Liège. Pierre-René Mélon est responsable de l’antenne liégeoise du Rassemblement Wallonie France (RWF), principal mouvement prônant le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France. Il explique : "Le liégeois est naturellement francophile. A l’origine, une amitié est née au front entre des soldats liégeois et français. La sauce a bien pris et la tradition s’est transmise".
Que fera le RWF aujourd’hui ? "Rien de particulier, prévoit Pierre-René Mélon. Nous avons renoncé à récupérer le 14 juillet liégeois, car cette fête doit garder son caractère spontané. Mais nous irons bien sûr au village gaulois et au feu d’artifice. Seulement pour discuter, pour échanger. Il n’y aura pas de cérémonie officielle". Les années précédentes, le RWF était bien visible sur place, avec un stand et du matériel. Cette année, la politique s’estompera au profit des festivités.
Pour lui, le liégeois fête aussi le 14 juillet car "c’est son caractère : franchouillard, bon vivant, qui aime s’amuser, rigoler". La Cité ardente, où le 21 juillet est très peu célébré, est d’ailleurs la seule ville étrangère à avoir reçu la légion d’honneur de la République française.
Jules Gheude, écrivain rattachiste convaincu, ne sera pas en Belgique ce soir mais il "fêtera le 14 juillet dans son cœur". "D’habitude, raconte-t-il, on se retrouve avec quelques amis autour d’une bouteille de champagne. On ne sort pas dans les rues de Liège ou d’ailleurs".
Et dans le reste de la Belgique ? "Il y a d’autres rassemblements festifs, à Namur notamment, mais l’engouement y est moindre", remarque Pierre-René Mélon.
Selon un sondage de 2010 pour Le Soir et la Voix du Nord, 49% des Wallons seraient favorables au rattachement de leur région à la France en cas de scission. D’après un sondage IPSOS la même année, 66% des Français y seraient ouverts. Pour Pierre-René Mélon, "la population n’a rien à y perdre. Au niveau politique, c’est la prudence traditionnelle, mais nous sommes en contact permanent avec certains responsables français et les relations sont très positives".
Jules Gheude, pour qui la Belgique "est un accident de l’Histoire", aime à se définir comme "un Français que les hasards de l’Histoire ont contraint à vivre en dehors de l'Hexagone". Quand le Belge devient plus français que le Français…
J.ANTOINE




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