Publifin: ne pas tirer sur les lampistes

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Se sont retrouvés en commission Publifin ceux qui étaient au début du scandale du même nom à défaut d’en être véritablement au cœur, comme la suite de cette affaire a pu le démontrer.

Les comités de secteur, leurs présidents, leurs modes de fonctionnement et surtout leurs émoluments démesurés ont fait beaucoup gloser, mais finalement est-ce bien là le problème?

Seconds couteaux

Les auditions de ces gregarii, ces porteurs d’eau du socialisme liégeois auront surtout mis en lumière des pratiques anciennes dans un système de lottizzazione  de la vie politique belge à tous les étages. C’était la répartition CVP-PS au niveau national, les mandats publics qui ont d’abord une couleur politique ou linguistique avant d’envisager la compétence. Tout le système politique belge est ainsi conçu et ce n’est pas nouveau.

Des mesures ont été prises mais le réflexe premier demeure, comme l’illustre l’actuel avatar liégeois cette pratique. Les principaux partis se sont répartis les influences en fonction de leur poids électoral. A chaque formation ensuite de distribuer en interne les prébendes.

Dans le cas des comités de secteurs de Publifin, il apparaît désormais clairement qu’il fallait accorder, après une première réduction du nombre de mandats à distribuer, des compléments de salaires à ces sans-grades de la politique liégeoise et surtout que ceux-ci ne posent pas trop de questions et se contentent d’avaliser les décisions du management. L’un des présidents de secteur, par exemple, a fait plus de voix de préférence que certains échevins de la ville de Liège en place, il fallait donc le " récompenser ", c’est cela la logique de la distribution des mandats, pas la compétence.

Pas de bol pour Moreau, Pire, Gilles, Drion et consort, la commune d’Olne a eu le "tort" de désigner un expert des chiffres, un échevin tatillon, auditeur à la Cour des Comptes, élu avec 183 voix qui a tenu à jouer son rôle. Simplement.

Système

Derrière ces élus de base, souvent sincères dans leurs démarches auprès de la population, actifs sur le terrain social, il y a toute une organisation : des bourgmestres qui au lendemain des scrutins communaux répartissent les mandats locaux, des présidents d’arrondissement de partis qui eux s’accordent sur les mandats intercommunaux, etc… ou comme des présidents de parti qui multiplient les postes de ministres à la Fédération Wallonie-Bruxelles pour recaser le personnel évincé des cabinets fédéraux.

L’affaire des comités de secteur de Publifin, n’est finalement que la partie émergée de cette pratique que l’on retrouve à bien des niveaux.

La Commission d’enquête du Parlement de Wallonie passerait totalement à côté de sa mission si elle se limitait à un défilé de lampistes.

Mais va-t-on voir des députés contraindre leurs présidents de parti depuis 10 ans (Di Rupo, Reynders, Michel, Chastel, Milquet, Lutgen, Javaux …) venir justifier un tel système politique ?

Poser la question, …

@PhWalkowiak

 

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