Les Pays-Bas, un test pour l'Europe et la Flandre

Les Pays-Bas, un test pour l'Europe et la Flandre
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La politique belge regarde ce matin vers les Pays-Bas…

On pourrait même dire toute l’Europe, puisque ce scrutin est un laboratoire. Comme quasiment tous le scrutins ces derniers temps, l’électeur exprime plus ou moins fort sa volonté d’en finir avec la classe politique dominante. Mais évidemment pour la Belgique, et surtout le nord du pays, c’est un élément encore plus marquant. Il y a une porosité politique entre les Pays-Bas et la Flandre, même si elle moins importante que la porosité politique entre la France et le monde francophone. Car il y a plus qu’une langue commune, voilà deux petits territoires qui performent économiquement grâce à leur grand port maritime, qui ferait pâlir d’envie les régions et pays du sud de l’Europe, mais qui sont pourtant pris dans un malaise profond. Cette campagne a été scrutée par les états-majors de partis au nord du pays, qui tentent d’y lire les lignes de leur avenir...

Dans quelle domaine est-ce qu’il y a une influence néerlandaise sur la Belgique ?

On pourrait pointer par exemple l’efficacité économique et budgétaire des Pays-Bas qui fascine la Flandre ou la monarchie protocolaire qui est souvent citée en modèle. Mais là où c’est le plus flagrant ces dernières années, c’est l’identitaire. Le modèle multiculturel qui faisait consensus est en train de s’effriter et laisse la classe politique néerlandaise désemparée. C’est une lame de fond qui interroge beaucoup. Le nord du pays avait pris les Pays-Bas en exemple. L'assassinat de Théo Van Gogh, ce cinéaste assassiné en 2004 par un Islamiste a eu un retentissement immense en Flandre. C'est depuis ces années-là qu’aux Pays-Bas, comme en Flandre, le scepticisme grandit quant aux politiques d’immigration menées jusqu'à présent et pousse presque tous les partis à durcir leur position. Un exemple : le parcours d’intégration mené en Flandre depuis des années, et beaucoup plus tard par les francophones, peut s’expliquer en partie par cette porosité.

La campagne actuelle est marquée par l’extrême droite de Geert Wilders

Chez nous le Vlaams Belang existe depuis très longtemps… L’extrême droite marque le paysage flamand depuis plus longtemps qu’aux Pays-Bas, c’est vrai. La composition politique n’est pas comparable. Mais on voit progresser en terme d’idées un conservatisme libéral.  Chez nous il est incarné par la NVa, aux Pays-Bas, c’est plus compliqué.  Il est partagé par plusieurs partis, dont celui du premier ministre Mark Rutte. Et ce conservatisme libéral est aussi un souverainisme qui veut marquer la primauté des Pays-Bas sur l’Europe. C’est pour cela que le scrutin aux Pays-Bas est un test pour l’Europe, un laboratoire, il sera scruté partout et certainement en Flandre plus qu’ailleurs...

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