Les Coulisses des Pouvoirs: le retour du saut d'index?

Les Coulisses des Pouvoirs - Le retour du saut d'index?
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L’inflation revient, et comme à chaque fois, ça devient un problème politique. Les chiffres sont têtus, les prix augmentent plus vite chez nous que chez nos voisins. Le dernier rapport annuel de l’observatoire des prix est clair. En 2016, chez nous, les prix ont augmenté de 1,8% alors qu'en Allemagne c’est 0,4 et en France 0,3. Toute la question est de savoir pourquoi.

La dernière bouffée d’inflation qu’on a connue était liée à des prix records des produits pétroliers et ou à un effet boule de neige de l’indexation. En gros, puisque nos salaires continuaient à augmenter, les consommateurs ne changeaient pas de comportement d’achat et soutenaient les prix. Ça c’était donc une inflation largement liée au prix pétrolier. C’est une inflation importée quelque part. On ne pouvait pas faire grand chose pour l’éviter, sauf, toucher à l’index. Ici on est dans un autre cas de figure : ce n’est pas une inflation importée mais une inflation décidée.

Une inflation décidée indirectement par le gouvernement Michel

C’est en tous cas le constat assez net que fait l’observatoire des prix. Pour comprendre, regardons ce qui a augmenté : c’est en premier lieu l’électricité, et c’est lié surtout à l’augmentation de la TVA de 6 à 21%, c’est une décision du gouvernement Michel, mais aussi à l’augmentation des tarifs de distribution, là c’est une pierre plutôt dans les intercommunales et leur pouvoir de tutelle: les régions. Autre augmentation, les produits alimentaires transformés. Et là c’est net: c’est l’alcool et le tabac qui font grimper l’addition. L’alcool a augmenté de près de 17% en 2016 contre moins de 1% dans la moyenne des pays européens. C’est ici aussi en bonne partie dû au taxshift du fédéral puisqu’il y a eu des accises importantes sur le tabac et l’alcool.

Le pouvoir d’achat des Belges a donc diminué

C’est en tout cas ce que montrait il y a quelques temps une étude de l’institut syndical européen. La raison est toute simple, les salaires ont faiblement augmenté à cause du saut d’index, mais les prix eux, on vient de le voir, ont augmenté. Mais ça, c’est le passé. Toute la question est de savoir ce qu’on fait maintenant. Avec cette inflation, il devrait y avoir une nouvelle indexation durant l’été. Ce qui veut dire aussi que les efforts du gouvernement pour maintenir les salaires et redresser la compétitivité vont s’en trouver réduits. Et on risque alors de revivre un retour du débat sur l’opportunité d’un saut d’index. Comme à chaque fois ou l’inflation belge est plus élevée qu’ailleurs.

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