Les Coulisses des Pouvoirs - Le contrôle budgétaire : comme une couque

Les Coulisses des Pouvoirs - Le contrôle budgétaire : comme une couque
Les Coulisses des Pouvoirs - Le contrôle budgétaire : comme une couque - © Tous droits réservés

Le gouvernement de Charles Michel a présenté les résultats du contrôle budgétaire et à la surprise un peu générale : “tout va bien”. Est-ce que cette communication est justifiée ?

Alors c’est vrai que c’est passé comme une couque. Voyons ce qu’il y a dans la couque. Commençons par les éléments qui donnent plutôt raison au gouvernement. Oui la croissance revient petit à petit, la création d’emploi est en hausse et ça cela commence à impacter positivement les recettes. Et oui c’est en partie dû à des mesures décidées par le gouvernement. Vous ajoutez aussi à cela le fait que le gouvernement, forcé par l’Europe a dû mettre de l’ordre dans certaines niches fiscales par la commission européenne, les fameux excess profit Ruling dont profitaient quelques multinationales, il a aussi dû revoir le niveau des intérêts notionnels, (une autre niche fiscale) Tout cela explique que les prévisions budgétaires réalisées il y a quelques mois tiennent plutôt la route. Parce que c’est bien ça un contrôle budgétaire ne l’oublions pas, c’est une vérification et une correction des hypothèses de dépenses et de recettes.

Voilà qui conforte plutôt Charles Michel dans sa communication. Il y a évidemment un côté pile et un côté face…

Oui et ici c’est moins glorieux, c’est que le gouvernement a joué avec les chiffres. C’est le cas dans chaque budget et contrôle, et dans tous les gouvernements. Ce sont des manipulations comptables. Ici, le gouvernement a corrigé les chiffres du comité d’experts chargé de calculer les trajectoires budgétaires. Et ce ne sont pas des petites corrections. Soit le gouvernement joue à l’apprenti sorcier, soit le comité d’experts est à côté de la plaque... Seuls les prochains mois permettront de savoir qui était dans le bon, qui était réaliste.

En attendant, le gouvernement de Charles Michel est plutôt relancé…

Oui, alors que la Wallonie est empêtrée dans l’affaire Publifin, l’attelage fédéral sort la tête de l’eau, mais pour y arriver il a évité les sujets qui fâchent. Pour atteindre l’équilibre, il faut encore trouver 8 milliards en deux ans… Ça, c’est rangé dans un carton pour l’instant. Il faut encore financer une partie du Tax Shift, c’est dans une farde en dessous du carton. Le pacte d’investissement dont on a tant parlé est dans un tiroir poussiéreux en dessous du carton et de la farde et la réforme de l’impôt des sociétés est dans un frigo en dessous du carton de la farde et du tiroir poussiéreux. Le calcul de Charles Michel est simple, si l’embellie économique se confirme il sera d’autant plus facile de s’attaquer à tous ces sujets, et certains même n’auront plus de raison d’être. Dans le cas contraire, il faudra s'accrocher au mât car la tempête sera corsée...

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir